La période 2017‑2024 se caractérise par des évolutions contrastées des départs définitifs des enseignants titulaires. Ainsi, les départs ont diminué de 9 % entre 2017 et 2020 où ils ont atteint leur plus bas niveau à 1 640 départs, puis ils sont remontés à 1 930 départs en 2022, pour redescendre à 1 790 en 2024 (
tableau 06.01).
Les départs en retraite ont plus particulièrement baissé de 5,3 % entre 2019 et 2020, en partie en raison de la pandémie. Puis ils ont fortement augmenté en 2021, notamment par effet de rattrapage, et en 2022 ; la hausse a été de 20 % sur les deux années. Enfin, les années 2023 et 2024 ont été marquées par une baisse, principalement pour les
ESAS (- 24 %), en raison du relèvement de l’âge d’ouverture des droits (AOD, ou âge légal) du fait de la réforme de 2023. Parmi les
EC, la baisse particulière des départs en retraite des Professeurs des universités (
PR) en 2024, de 10 %, peut être en partie due au fait que l’« âge limite + 3 ans » a été relevé de 69 ans et 7 mois à 70 ans pour la génération des
PR nés à partir de janvier 1955, et que l’âge d’annulation de la décote (AAD) a été relevé à 67 ans pour la génération des titulaires nés à partir de janvier 1958, cette génération devant donc attendre jusqu’à janvier 2025 pour annuler sa décote.
Concernant les enseignants du second degré (
ESAS), le taux de départs définitifs s’est établi à 3,3 % en moyenne annuelle pour les sept années 2018‑2024 et, selon les projections du service statistique du
MESRE (
SIES) tenant compte de la réforme des retraites de 2023 puis de sa suspension, il devrait atteindre 3,6 % sur la période 2025‑2033 (
tableau 06.02), en augmentation de 0,2 point. Cette légère hausse est portée par les groupes disciplinaires des Sciences économiques-
AES et des Sciences (respectivement + 0,8 point et + 0,5 point), contre - 0,2 point pour celui des Lettres et sciences humaines (
LSH) et une stagnation dans le domaine de la Santé.
S’agissant des
EC, le taux de départs définitifs passerait de 2,5 % à 3,5 % entre les deux périodes, soit + 1,1 point, porté par les mêmes disciplines que pour les
ESAS : les Sciences économiques-
AES (2,0 % sur 2018‑2024, 3,0 % sur 2025‑2033, soit +1,0 point) et les Sciences (1,9 % sur 2018‑2024, 3,5 % sur 2025‑2033, soit + 1,6 point).
Pour l’ensemble des enseignants titulaires du supérieur, le taux de départs définitifs s’est élevé à 2,8 % en moyenne sur la période 2018‑2024 (
tableau 06.02). Ce taux atteindrait 3,5 % pour les neuf années 2025‑2033, en hausse de 0,8 point. Il augmenterait particulièrement dans les disciplines des Sciences économiques et en Sciences, comme vu précédemment pour chacune des deux populations composantes
EC et
ESAS. Dans le groupe des sciences, les taux de départs augmenteraient le plus pour les quatre disciplines suivantes : la Biologie et Biochimie (+ 1,8 pt), les Sciences de la Terre (+ 1,4 pt), la Physique – Chimie (+ 1,9 pt ) et la Mécanique, Génie mécanique, Génie informatique, Énergétique (+ 1,3 pt). Or, sur les sept années 2018‑2024, les trois dernières disciplines ont déjà vu leurs effectifs d’enseignants titulaires (pondérés par leur volume d’heures obligatoires) décroître plus vite que les autres, de respectivement 1,8 %, 2,6 % et 3,9 %.
En moyenne sur la période 2018‑2024, le taux de recrutements externes s’est avéré identique au taux de départs définitifs : 2,8 % (
tableau 06.03). Par ailleurs, la part des enseignants détachés ou en disponibilité est passée de 2,0 % à 2,6 % sur la période, en hausse de 0,1 point en moyenne annuelle. En conséquence, la population totale d’enseignants en activité dans les
EPSCP a baissé de 0,1 % par an. Dans le même temps, celle des étudiants des universités (y compris
IUT) s’est accrue de 0,4 % par an entre les rentrées 2017 et 2024. Mécaniquement, le taux d’encadrement des étudiants par les enseignants titulaires (ratio effectifs d’enseignants /effectifs étudiants) s’est donc contracté de 0,5 % par an.
Entre les rentrées 2024 et 2033 et selon les projections du
SIES, les effectifs des étudiants des universités devraient stagner. Le taux de départs définitifs des enseignants étant de 3,5 % par an sur la période 2025‑2033 (
tableau 06.03), le cumul annuel « accroissement d’effectifs étudiants + taux de départs » s’établirait donc lui aussi à 3,5 %. En supposant un objectif de maintenir constant le taux d’encadrement des étudiants, cet indicateur de cumul représente alors les besoins en recrutements d’enseignants titulaires du supérieur, tous corps confondus. Par rapport aux sept années 2018‑2024, il conviendrait alors de recruter à un rythme multiplié par 1,28.
Si l’on détaille par discipline d’enseignement (ou groupe disciplinaire) et en posant que les enseignants titulaires d’une discipline enseignent dans les formations correspondantes (hypothèse forte), sur la période 2018‑2024, c’est la filière Sciences qui présente la plus forte baisse du taux d’encadrement des étudiants : - 1,7 %. D’ici 2033, ce groupe disciplinaire concentrerait également le principal des enjeux : le taux de départs des enseignants titulaires se situerait à 3,5 % de leurs effectifs et les effectifs étudiants en Sciences devraient augmenter de 0,3% en rythme annuel, contre 0,0 % pour l’ensemble des disciplines. Les besoins en recrutements seraient alors multipliés par 1,91 par rapport à la période 2018‑2024, par 1,64 par rapport aux deux années 2023 et 2024. En Santé et selon le même raisonnement, les besoins en recrutements atteindraient de 4,5 % par an, soit un rythme 1,21 fois plus rapide par rapport à la période 2018‑2024.