État de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation en France n°12
 

préface

 
Pour la seconde fois en sept ans, un prix Nobel est venu couronner les travaux de recherche d’un physicien français, Gérard Mourou, et témoigner une nouvelle fois de l’excellence de nos formations et de notre recherche. Bien qu’exemplaires, ces réussites doivent également nous inciter à constamment réexaminer nos structures d’enseignement supérieur, de recherche et d’innovation, à nous interroger sur nos performances autant que les blocages et les limites que nous rencontrons. Au-delà d’une célébration du présent et des distinctions qui nous honorent, il nous faut donc regarder vers les prochaines décennies et en faire advenir la version la plus exigeante.

Annoncée en février dernier par le Premier Ministre, une loi de programmation pluriannuelle de la recherche est actuellement en préparation. Elle doit nous permettre de renforcer notre capacité de recherche et d’apporter des réponses durables à ses enjeux les plus déterminants. Comment mieux financer notre recherche et garantir son rayonnement dans un contexte de concurrence internationale croissante ? Comment assurer l’attractivité des carrières scientifiques ? Comment promouvoir la recherche partenariale ou rendre notre économie plus innovante ?

Dans l’enseignement supérieur également, nous engageons des réflexions de long-terme et des réformes majeures ont déjà permis de réaffirmer la fonction de nos établissements comme lieux de formation, mais aussi d’émancipation et de construction d’un futur professionnel et personnel adapté aux ambitions de chacun. La loi relative à l’orientation et à la réussite des étudiants et la plateforme Parcoursup permettent déjà une orientation plus progressive et choisie ainsi qu’une hausse de la mobilité sociale et géographique. La réforme du baccalauréat va également nous permettre d’améliorer la transition des études secondaires vers le supérieur. Nous nous engageons pour que chaque étudiant bénéficie de parcours plus personnalisés et mieux adaptés à ses ambitions et j’ai également souhaité développer l’accès à des formations diplomantes partout sur le territoire grâce à des campus connectés. Dans les prochains mois, nous continuerons à moderniser notre enseignement supérieur et à rénover nos filières de formation, notamment les études de santé et les cursus professionnalisants.

Pour mener à bien toutes ces réformes que nous projetons, il nous faut bénéficier de données structurantes relatives à notre enseignement supérieur et notre recherche ainsi que d’informations fiables. Il en va de notre mission de service public, et d’un devoir de transparence, autant que de la nécessité d’un pilotage minutieux et éclairé de nos objectifs. La mise à disposition de statistiques et d’études quantitatives est ainsi indispensable et le service du ministère qui en assume la responsabilité a une nouvelle fois compilé un vaste corpus de données analysées thématiquement.

Soucieux de renouveler constamment nos outils d’évaluation et de pilotage, chaque nouvelle édition de ce rapport annuel voit des enrichissements et je me félicite de la place particulière occupée par les questions d’innovation cette année. Cette édition offre également un bilan du lancement de la plateforme Parcoursup et détaille les résultats de la nouvelle enquête sur l’insertion des docteurs copilotée avec les conférences des présidents d’universités et des directeurs d’écoles d’ingénieur. Ces travaux conjoints avec des acteurs de premier plan de notre enseignement supérieur témoignent de la nécessité de politiques concertées et coordonnées. Ce rapport vaut ainsi comme acte fédérateur. Aucun progrès durable ne s’accomplit dans l’injonction et la mobilisation de tous sera nécessaire pour projeter sereinement notre enseignement supérieur et notre recherche dans l’avenir.
 
 

Frédérique Vidal
ministre de l’Enseignement supérieur,
de la Recherche et de l’Innovation
 
Ministère de l'Enseignement supérieur, de la recherche et de l'Innovation