l'état de l'Enseignement supérieur et de la recherche - résumé

 
Chaque année, l'état de l'enseignement supérieur et de la recherche présente un état des lieux chiffré du système français, de ses évolutions, des moyens qu'il met en œuvre et de ses résultats. Une mise en perspective internationale est réalisée pour les indicateurs les plus structurants. L’ouvrage aborde une cinquantaine de thèmes déclinés sur une double page comportant une synthèse et plusieurs graphiques et tableaux illustratifs. L’essentiel des données est issu de sources exploitées par le service statistique ministériel en charge de l’enseignement supérieur et de la recherche (la sous-direction des systèmes d’information et des études statistiques, SIES). Ce document s’appuie aussi largement sur d’autres sources et contribution émanant du MESRI et du MEN (DEPP, DGESIP, DGRI, DGRH notamment) ou d’autres organismes, en particulier de l'Insee, de l'OCDE, du Céreq, de l'OST du HCERES, d’Erasmus+ et de l'OVE.

Des dépenses en faveur de l'enseignement supérieur dans la moyenne de l’OCDE

En 2016, la collectivité nationale a dépensé 30,3 milliards d'euros (Md€) pour l'enseignement supérieur, soit une progression de 1,0 % par rapport à 2015 (en prix constants, c’est-à-dire corrigés de l’inflation). Cette dépense a connu une forte croissance depuis 1980 : elle a été multipliée par 2,6 (en prix constants) avec une augmentation moyenne annuelle de 2,7 %. En 2016, la dépense moyenne par étudiant s'élève à 11 510 euros. Elle est un peu supérieure à la dépense moyenne pour un élève du second degré (10 990 euros en 2016). La dépense moyenne par étudiant s’est un peu réduite au cours des toutes dernières années, sous l’effet de la vive progression des effectifs étudiants. Ainsi, la dépense moyenne par étudiant s’est réduite de 5% en cinq ans, alors même que le nombre d’étudiants inscrits progressait de près de 10%. Sa progression est néanmoins forte sur longue période, avec une croissance de quelques 40 % depuis 1980. Le coût par étudiant est différent selon les filières de formation : il varie de 10 210 euros en moyenne par an pour un étudiant d'université jusqu'à 15 110 euros pour un élève de CPGE. Le différentiel s'explique en grande partie par le taux d'encadrement pédagogique.

Plus des deux tiers de cette dépense pour l'enseignement supérieur concernent le personnel. À la rentrée 2016, le potentiel d'enseignement et de recherche dans l'enseignement supérieur public sous tutelle du MESRI est de 94 550 enseignants dont 56 700 enseignants-chercheurs et assimilés, soit 59 % de l'ensemble. Les enseignants du second degré et les enseignants non permanents représentent respectivement 15 % et 25 % de ces effectifs. Depuis 20 ans, le nombre d'enseignants dans le supérieur a progressé de 25 %.

La part de l'État est prépondérante dans le financement de l'enseignement supérieur (près de 70 % en 2015). Celle des ménages est un peu inférieure à 10 %. À la rentrée 2016, près de 720 000 étudiants ont bénéficié d'une aide financière directe sous la forme de bourses ou de prêts. Au total, l'aide financière et sociale en leur faveur, incluant notamment les allocations de logement et les allégements fiscaux, atteint 5,5 Md€ (hors contribution des différents régimes au financement des assurances sociales des étudiants).

En consacrant 1,5 % de son PIB en 2014 à l'enseignement supérieur, la France se situe dans la moyenne des pays de l'OCDE (1,5 %). Elle devance des pays européens comme l’Espagne (1,3 %), l’Allemagne (1,2 %) ou l’Italie (1,0%) mais est distancée par le Royaume-Uni (1,8%), la Finlande (1,8 %) et les Pays-Bas (1,7 %).Elle se positionne loin derrière les États-Unis (2,7 %), le Canada (2,6 %), et la Corée du Sud (2,3 %). Ces comparaisons intègrent des structures de financement très disparates.

Le nombre d’étudiants progresse vivement : + 10% sur les seules 5 dernières années

Selon les résultats de la session 2017 du baccalauréat, 643 800 candidats ont obtenu le baccalauréat. Le taux de réussite atteint 87,9 %. La part d'une génération ayant le bac, qui a dépassé 60 % en 1995, est désormais de 79 % en 2017.

La quasi-totalité des bacheliers généraux et trois quarts des bacheliers technologiques s'inscrivent dans l'enseignement supérieur ; pour les bacheliers professionnels, dont une majorité se dirige d’emblée vers la vie active, le taux d’inscription dans l’enseignement supérieur est certes inférieur mais il a nettement progressé en une dizaine d’années (36,1 % en 2016 contre 17,1 % en 2000, chiffrage n’intégrant pas la totalité de la formation en alternance). Tous baccalauréats confondus, près des trois quarts des bacheliers 2016 s’est inscrit immédiatement dans une formation d’enseignement supérieur. S'y ajoute une petite proportion de bacheliers, notamment professionnels, qui suivent des études supérieures par la voie de l'alternance partiellement comptabilisée ici.

Compte tenu de la part d’une classe d’âge qui parvient désormais à obtenir un baccalauréat, et de la fraction qui poursuit dans l’enseignement supérieur, il ressort ainsi que près de 50 % d’une classe d’âge obtient un diplôme de l’enseignement supérieur.

Le système Admission Post-Bac centralisait, jusqu’à la mise en place en 2018 de Parcoursup, l’essentiel des démarches d’orientation dans l’enseignement supérieur. Au cours de la campagne 2017, plus de 540 000 bacheliers de la session 2017 ont formulé au moins un vœu d’orientation (7,7 vœux formulés en moyenne). 63 % des bacheliers généraux, 51 % des bacheliers technologiques et 44 % des bacheliers professionnels ont obtenu une proposition qui correspond à leur premier vœu. En outre, les étudiants obtiennent, dans leur forte majorité, une proposition proche de leur premier vœu. Ainsi, près de 80% des étudiants souhaitant faire une CPGE selon leur voeu 1 obtiennent une CPGE. Pour ceux voulant poursuivre en Licence, 83 % obtiennent exactement leur vœu 1 et 88 % décrochent une formation en Licence dans la même mention disciplinaire que leur vœu 1.

À la rentrée 2016, 2 610 000 inscriptions étudiantes sont recensées dans l'enseignement supérieur. Accroissement du taux de bacheliers au sein d’une classe d’âge, attractivité de l’enseignement supérieur et facteurs démographiques contribuent à une croissance continue du nombre d’étudiants, qui accélère encore sur la période récente. Sur les seules cinq dernières années, le nombre de nouveaux étudiants s’est accru de 230 000, soit une augmentation de presque 10% sur cette courte période. Depuis le début des années 2000, c'est l'enseignement supérieur privé qui connaît la plus forte progression de ses effectifs étudiants avec une progression avoisinant 70 % en une quinzaine d’années.

Les bacheliers généraux se dirigent massivement vers l’université et notamment les formations générales et de santé. Viennent ensuite les formations professionnelles courtes (IUT, STS) et les classes préparatoires aux grandes écoles.

Dans un contexte de très fort dynamisme des effectifs d’étudiants à l’université (+ 9, 6 % entre 2011 et 2016), l’attractivité des différentes disciplines est contrastée. Entre 2011 et 2016, deux groupes disciplinaires sont très prisés : Arts, lettres, langues et SHS (+ 15%) et Sciences, STAPS (+ 14,0 %) après une période 2006-2011 marquée par l’atonie des effectifs dans ces disciplines (respectivement – 2,9 % et + 2,4 %). La Santé prolonge sa trajectoire dynamique de la période 2006-2011 (+ 11,6 %) : ses effectifs progressent encore de 9,0 % entre 2011 et 2016. En revanche, le Droit ne progresse que de 1,3 % entre 2011 et 2016 après 5 ans de très fort dynamisme (+ 12,2 % entre 2006 et 2011).

Rendue possible à partir de 1987, accélérée par la réforme LMD de 2002, la formation par l'apprentissage s'est fortement développée dans l’enseignement supérieur. Le nombre d'apprentis a quasiment doublé en une dizaine d’années, entre 2005 et 2016 et sur la derrière année, le rythme de progression s’accélère (+ 5,9 %). Tous les niveaux de formation enregistrent une hausse, mais celle-ci est particulièrement forte pour les diplômes universitaires. Le nombre d’apprentis augmente de 8,4 % pour les Master, 9,1 % pour les Licences, 6,5 % pour les diplômes d’ingénieur et 4,6 % pour les BTS. On compte ainsi 152 500 apprentis en 2016, soit 5,4 % des effectifs de l'enseignement supérieur, et 37 % de l'ensemble des effectifs en apprentissage. Près d'un apprenti sur deux prépare un BTS, et un peu plus de un sur dix un diplôme d'ingénieur ou une Licence.

Le Doctorat est le diplôme le plus haut délivré dans l’enseignement supérieur, et constitue également une première expérience professionnelle pour de nombreux doctorants. Les docteurs constituent, surtout, le vivier de l’activité de recherche. Depuis 2000, la formation par la recherche s'effectue au sein d'écoles doctorales ensuite regroupées dans des collèges doctoraux. En 2016, près de 14 565 Doctorats ont été délivrés. Si le nombre de Doctorats délivrés a progressé de près de 10,0 % entre 2009 et 2012, il se stabilise sur les dernières années. Le nombre des inscriptions en première année de doctorat est tendantiellement en baisse, tout particulièrement dans les sciences de la société (droit, économie, gestion, sociologie, anthropologie), - 21% entre 2009 et 2016, et dans les sciences humaines et humanités (lettres, langues, arts, histoire) ou les Sciences et techniques des activités physiques et sportives (STAPS), - 13 % entre 2009 et 2016.

Moins de la moitié des étudiants obtiennent une Licence en 3, 4 ou 5 ans

La réussite dans l'enseignement supérieur est fortement influencée par les antécédents scolaires des étudiants. C'est notamment vrai pour la Licence générale, le DUT ou le BTS. Les bacheliers généraux réussissent mieux que les bacheliers technologiques et professionnels. Par contre, le baccalauréat d'origine a peu d'influence sur la réussite en Licence professionnelle.

Seuls 44 % des étudiants de Licence obtiennent leur diplôme en 3, 4 ou 5 ans. Près des trois quarts des diplômés 2016 de Licence poursuivent en Master (y compris Master enseignement). Un peu plus d'un étudiant en Master sur deux obtient son diplôme en deux ans et un peu plus d'un sur dix en trois ans. Une fraction des étudiants se réoriente vers d’autres filières, et décroche un autre diplôme.

La réussite est relativement élevée dans les filières courtes. Ainsi, les étudiants initialement inscrits en STS sont près des trois quarts à décrocher un diplôme de l’enseignement supérieur. En outre, selon des données portant sur les bacheliers 2008 entrés en STS, si près de 50 % n’a obtenu qu’un diplôme de niveau Bac + 2, 19 % d’entre eux ont validé un diplôme de niveau Bac + 3 et même 9 % de niveau Bac + 5. La situation est cependant contrastée suivant les baccalauréats d’origine. Parmi les bacheliers entrés en préparation au DUT en 2008, la part de diplômés de l’enseignement supérieur au bout de 6 années complètes est très élevée : 92 %.

Pour les bacheliers 2008 ayant fait le choix d’une CPGE, deux tiers d’entre eux sont diplômés de niveau Bac + 5 au terme de 5 ou 6 ans d’études. Pour les étudiants entrés dans cette voie initiale, moins de 10 % d’entre eux ne poursuivent plus d’études et sont sortis de l’enseignement supérieur sans diplôme.

En 2015, on observe que 44,7 % des jeunes âgés de 25 à 34 ans sont diplômés de l'enseignement supérieur contre seulement 41,8 % en moyenne dans les pays de l'OCDE. Il reste que, sur la période 2013 à 2015, 13 % des jeunes sortants de formation initiale ont étudié dans l’enseignement supérieur sans obtenir aucun diplôme.

Les milieux sociaux favorisés accèdent toujours beaucoup plus aux diplômes les plus élevés

La démocratisation de l'accès à l'enseignement supérieur se poursuit : en 2016, 58 % des 20-24 ans se sont engagés dans des études supérieures, contre 37 % des 45-49 ans.

Cette augmentation concerne tous les milieux sociaux. Dans les catégories favorisées, parmi les enfants de cadres ou professions intermédiaires, 72,7 % des 20-24 ans étudient ou ont étudié dans le supérieur contre 51,6 % des 45-49 ans ; parmi les enfants d'ouvriers ou d'employés, la progression est un peu plus forte mais le niveau de départ particulièrement bas : 44,3 % des 20-24 ans ont fait des études supérieures contre 24,5 % des 45-49 ans.

On observe ainsi encore un écart de presque un à deux entre les deux groupes sociaux en ce qui concerne l'accès à l'enseignement supérieur. Cet écart s'observe également lorsque l'on s'intéresse à la part de diplômés : en moyenne, sur la période 2014-2016, près de 70 % des enfants de cadres ou de professions intermédiaires sont diplômés du supérieur contre moins de 40 % des enfants d'ouvriers ou d'employés.

Si les diplômés de l’enseignement technologique court, notamment en STS et en IUT, sont issus dans des proportions équivalentes des différentes catégories socio-professionnelles de la population française, l'université hors IUT et les grandes écoles reflètent une forte distorsion sociale : 30 % des enfants de cadres sortent diplômés d'une grande école ou de l'université à un niveau Bac + 5 ou plus contre moins de 10 % des enfants d'ouvriers.

Les jeunes filles sont nettement plus diplômées que les garçons, mais leur insertion professionnelle est bien moins favorable

Plus de la moitié des étudiants sont des femmes (55 %). Largement majoritaires dans les filières universitaires de Lettres ou de Sciences humaines (70 %) et dans les formations paramédicales ou sociales (85 %), les femmes sont minoritaires dans les classes préparatoires aux grandes écoles et en IUT. Plus généralement, elles sont très minoritaires dans l’ensemble des filières scientifiques. En particulier, en 2016-17, elles ne représentent encore qu'un peu plus d'un quart (27 %) des effectifs dans les écoles d'ingénieurs. Par ailleurs, les femmes sont en plus faible proportion dans l’apprentissage (39,5 %).

Plus nombreuses dans la population étudiante, les femmes sont également davantage diplômées que les hommes. Dix points les séparent : parmi les femmes sorties de formation initiale entre 2013 et 2015, la moitié a obtenu un diplôme de l’enseignement supérieur, pour seulement 40 % des hommes. Les femmes diplômées de l’enseignement supérieur détiennent plus souvent un diplôme de niveau Bac + 5 universitaire, alors que les hommes sont plus souvent diplômés d’écoles supérieures et de formations courtes (BTS ou DUT). La situation des femmes sur le marché du travail est en revanche moins favorable. Leur trajectoire d'accès à l'emploi est moins rapide. Elles occupent moins souvent un emploi à durée indéterminée et plus souvent un emploi à temps partiel. En particulier, 3 ans après leur sortie de l'enseignement supérieur, 25 % seulement des femmes sont cadres contre un tiers des hommes.

Depuis 20 ans, la place des femmes s'est renforcée au sein de la population des enseignants-chercheurs, mais le mouvement reste lent pour les postes de plus haut niveau. En 2016-17, elles représentent désormais 44 % des maîtres de conférences mais encore seulement 25 % des professeurs d'université.

La place des établissements d’enseignement supérieur dans la formation continue reste extrêmement faible

En 2015, la formation continue dans les établissements d’enseignement supérieur a généré un chiffre d'affaires de 445 millions d'euros pour l’enseignement supérieur. Cela représente moins de 2 % du chiffre d'affaires de la formation professionnelle en France. Elle a accueilli 460 000 stagiaires et délivré près de 100 000 diplômes dont 61 000 diplômes nationaux.

Un effort de recherche reposant pour les 2/3 sur les entreprises

La dépense intérieure de recherche et développement en France s'est élevée en 2015 à 49,8 Md€ et représente 2,27 % du produit intérieur brut (PIB). La France se situe à la 5e et avant-dernière place parmi les six pays de l’OCDE les plus importants en terme de volume de la dépense intérieure de R&D (DIRD), derrière la Corée du Sud (4,2 %), Israël (4,2 %), le Japon (3,2 %), l'Allemagne (2,9 %) et les États-Unis (2,8 %), et seulement devant le Royaume-Uni (1,7 %). En 2016, la DIRD atteindrait 50,1 Md€ (2,25 % du PIB).

L'effort de recherche est surtout le fait des entreprises qui, en 2015, exécutent 64 % des travaux de R&D réalisés sur le territoire national pour un montant de 31,8 Md€. Les dépenses de recherche des entreprises ont progressé beaucoup plus vivement que celles du secteur public au cours des dix dernières années, à la faveur notamment de la réforme du crédit d'impôt recherche (CIR). Les entreprises financent 60 % des travaux de R&D. La dépense intérieure de recherche du secteur public s'élève à 18,0 Md€ en 2015 reposant majoritairement sur les organismes de recherche (51 %) mais aussi fortement sur les établissements d'enseignement supérieur (43 %), le partage restant une approche quelque peu théorique dans la mesure où l’essentiel de la recherche publique est conduite dans des unités mixtes de recherche associant les deux catégories d’organisations. Les PME représentent 13 % des dépenses intérieures de R&D, dont plus de la moitié en faveur des activités de services. Les grandes entreprises, à l'origine de 58 % de la DIRD, réalisent les trois-quarts de leur effort en haute et moyenne-haute technologie. Les dépenses intérieures de R&D des entreprises se concentrent ainsi à près de 54 % sur six branches de recherche : « Industrie automobile », « Construction aéronautique et spatiale », « Industrie Pharmaceutique », « Activités informatiques et services d’information », « Activités spécialisées, scientifiques et techniques », « Industrie chimique ». Par ailleurs les entreprises ont consacré une part non négligeable de leur DIRD à des domaines transversaux comme les fiche 45">nouveaux matériaux, les nanotechnologies, le fiche 46, l'">numériqueenvironnementfiche 47agriculture§fiche 44§.

Les entreprises sont soutenues dans cet effort par l'État via des aides directes, des coopérations avec les organismes publics dans les domaines civils ou militaires et des dispositifs fiscaux comme le crédit d'impôt recherche (CIR) ou le statut de jeune entreprise innovante (JEI). En 2015, 8 % des travaux de R&D des entreprises sont financés par des ressources publiques et la créance du CIR (au titre de la R&D, de l’innovation et des collections) atteint à 5,9 Md€ en 2014. La France de ce point de vue ne se distingue pas des autres pays de l'OCDE où les dispositifs fiscaux de soutien à la recherche privée se développent, traduisant une concurrence accrue entre pays pour attirer les activités de R&D des entreprises. Les collectivités territoriales participent aussi à l'effort de recherche notamment en finançant des opérations immobilières ou des transferts de technologie : en 2015 leur budget de recherche, et de transfert de technologie (R&T) est estimé à 1,2 Md€.

Une évolution contrastée des personnels de recherche selon le secteur institutionnel

Au total, chercheurs et personnels de soutien confondus, ce sont près de 604 700 personnes qui se consacrent en 2015 à la R&D, au moins pour une part de leur activité. Activité. Ils représentent au total 428 600 personnes en équivalent temps plein (ETP) dont 277 600 chercheurs (en ETP). Les personnels de recherche ont fortement progressé dans les entreprises entre 2008 et 2015 (+ 14 %) ainsi que dans les établissements d’enseignement supérieur, à la faveur du recrutement d’enseignants chercheurs pour faire face aux afflux d’effectifs étudiants. En revanche, dans le secteur institutionnel dit de l’Etat, composé essentiellement des organismes, le personnel de recherche s’est replié de près de 5 %. En 2015, 60 % des chercheurs sont en entreprises. En entreprise, 5 branches emploient à elles seules près de la moitié des chercheurs : « activités informatiques et services d’information », « industrie automobile », « activités spécialisées, scientifiques et techniques » et « construction aéronautique et spatiale », « édition, audiovisuel et diffusion », « fabrication d’instruments et appareils de mesure, essai et navigation, horlogerie ». Entre 2011 et 2015, La croissance des effectifs de recherche est essentiellement portée par les branches de services dont les effectifs progressent 2 fois plus vite que ceux des branches industrielles. Si l’on rapporte le nombre de chercheurs à la population active, la France, avec 9,4 chercheurs pour mille actifs en 2015, se place derrière la Corée du Sud et le Japon, mais devant l’Allemagne, les États-Unis, et le Royaume-Uni.

La part des femmes parmi le personnel de recherche s'élève à 32 % en 2015. Elle est plus faible dans les entreprises (23 %) que dans les administrations (46 %). Elle est également plus faible parmi les chercheurs (27 %) que parmi les personnels de soutien (42 %). Pour plus d'un chercheur sur deux en entreprise en 2015, le diplôme d'ingénieur est le diplôme le plus élevé. En revanche, seuls 12 % des chercheurs en entreprise disposent d'un doctorat. En outre, pour un tiers des docteurs en entreprise, le doctorat vient compléter un diplôme d'ingénieur.

Publications scientifiques et dépôt de brevets constituent deux productions majeures, et au surplus mesurables, de l’activité de recherche. La compétition internationale y est nettement visible.

Dans un contexte de nette augmentation du nombre de publications entre 2006 et 2016, la France se situe désormais au 7e rang en part mondiale des publications scientifiques. Le nombre de ses publications ainsi que leur indice d’impact progressent mais sa part mondiale de publications scientifiques se contracte sous l’effet de l'arrivée de nouveaux pays sur la scène scientifique internationale comme la Chine, l'Inde ou le Brésil. Elle passe ainsi de 4,2 % à GC3729~3,2 %~GC3728 des publications mondiales entre 2005 et 2015. Au niveau européen, Royaume-Uni et Allemagne précèdent la France. L’Espagne et l’Italie connaissent une progression sensible du nombre et de l’impact de leurs publications scientifiques et se rapprochent désormais de la France.

Plus d’une publication française sur deux est réalisée en coopération avec des scientifiques étrangers ce qui place le taux de co-publication français parmi les plus élevé au monde (comparable au Royaume-Uni ou à l’Allemagne). Un quart des publications françaises associe par exemple des scientifiques américains.

En 2016, la France présente un profil disciplinaire équilibré nuancé par une forte spécialisation en mathématiques. La France se distingue nettement du Royaume-Uni et des États-Unis, plus spécialisés en Sciences humaines et sociales (SHS) et des pays asiatiques plus contrastés car très fortement spécialisés sur certaines disciplines et très faiblement spécialisés sur d’autres. L’analyse des profils scientifiques nationaux repose toutefois sur une base de référence qui représente inégalement les différents pays selon les disciplines, et doit donc être appréciée avec prudence. Dans le domaine de la recherche économique, la recherche française se situe au 6e rang mondial avec près de 500 publications sur la période 2014-2016. Sur la dernière décennie, le nombre de publications a progressé mais, sous l’effet du dynamisme des pays émergents, la part mondiale de la France dans les publications en recherche économique se contracte. Parallèlement, et comme pour l’ensemble des publications scientifiques, l’indice d’impact des publications pour la France progresse entre 2004-2006 et 2014-2016.

La France figure également parmi les grandes nations en matière de brevets. En 2015, la France se classe au 4e rang mondial dans le système européen des brevets (6,5 % des demandes enregistrées).

Avec 10,6 % des contributions allouées par l’Union européenne dans le cadre du programme Horizon 2020, la France est le troisième pays bénéficiaire derrière l’Allemagne et le Royaume-Uni. La position de la France dans les programmes européens de recherche et développement technologique qui s’était tendanciellement contractée semble retrouver un certain dynamisme. Elle bénéficiait de 10,3 % des subventions allouées sur la dernière année du 7e PCRDT. Cependant le taux de retour reste toujours préoccupant : pour 1 € de contribution au budget de l'UE, seulement 0,66 € revient à la France dans le cadre d'Horizon 2020.
 
 
 
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France entière
les étudiants inscrits dans l'enseignement supérieur en 2016-17
Source MESRI-DGESIP/DGRI-SIES

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France entière
les effectifs de chercheurs en 2015
Source MESRI-DGESIP/DGRI-SIES

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