En 2023, six ans après leur sortie du système scolaire, 89 % des jeunes diplômés du supérieur de la Génération 2017 sont en emploi. Parmi elles et eux, 27 % sont déclassés, c'est-à-dire occupant un emploi moins qualifié que celui auquel elles et ils pourraient « normalement » prétendre (cf. note méthodologique) (
tableau 31.01).
Si le taux de déclassement a tendance à diminuer quand le niveau de diplôme augmente, le phénomène est aussi largement lié à la spécialité de formation. À niveau de formation égal, les jeunes diplômés de formations tertiaires et en langues, littérature et sciences humaines et sociales sont ainsi plus fréquemment déclassés que celles et ceux issus de formations industrielles ou scientifiques. Le déclassement concerne ainsi près de la moitié des diplômés des spécialités tertiaires à Bac + 2 en emploi contre 3 sur 10 diplômés des spécialités industrielles. L’influence de la spécialité de formation semble même supplanter celle du niveau de diplôme puisqu’un diplômé de Bac + 2 industriel a par exemple moins de risque d’occuper un emploi en deçà de son niveau de formation qu’un titulaire de master littéraire et
SHS : le taux de déclassement est de 29 % pour les premiers et de 35 % pour les seconds. . Ce constat expliquerait ainsi, au moins en partie, le déclassement plus marqué des femmes ; ces dernières - bien qu’en moyenne plus diplômées que les hommes - sont surreprésentées dans ces spécialités.
Le déclassement le plus faible s'observe parmi les docteurs (6 %), les titulaires d’une licence professionnelle scientifique (7 %) et les ingénieurs (11 %). Il concerne aussi 18 % des diplômés d’écoles de commerce. Les diplômés de Bac + 2/3/4 dans les spécialités santé-social forment une population atypique : leur taux d’emploi est supérieur de 10 points à celui de l’ensemble et le déclassement y est marginal (2 %), ces formations menant à des professions réglementées.
Certains secteurs d’activité semblent davantage exposer les jeunes diplômés au déclassement : il s’agit par exemple du commerce, du transport, de l’hébergement et de la restauration, secteurs accueillant en début de vie active – ici en 2020, soit après 3 ans de vie active - une proportion importante de jeunes, indépendamment de leur niveau et domaine de formation. À l’inverse, le taux de déclassement est faible dans le secteur de l’information et de la communication (
tableau 31.02).
Les revenus médians accusent logiquement des écarts importants : en 2023, les jeunes déclassés ont, comparativement à leurs homologues non-déclassés, un revenu médian inférieur de 650 euros (1 850 euros contre. 2 500 euros) (
tableau 31.03). L’écart augmente avec le niveau de diplôme : il passe de 340 euros pour les diplômés de Bac + 2 à Bac + 4 à 990 euros pour celles et ceux de Bac + 5 et plus.
Sur l’ensemble de la population, le taux de déclassement diminue de 4 points entre 2020 et 2023. Cette diminution concerne tous les niveaux de formation, à l’exception notable des ingénieurs dont le taux progresse de 6 % à 11 %.
28 % des jeunes déclassés en 2020 occupent en 2023 un emploi correspondant à leur niveau de diplôme mais la majorité (63 %) restent dans cette situation (
graphique 31.04). Par ailleurs, la très grande majorité (88 %) des individus non-déclassés en 2020 le sont toujours trois ans plus tard. Quant aux diplômés en dehors de l’emploi à 3 ans, 41 % d’entre elles et eux ont intégré le marché du travail à 6 ans et dans un emploi correspondant à leur niveau de formation.
Le déclassement observé va de pair avec une moins grande satisfaction dans l’emploi des individus concernés : en 2023, 34 % des jeunes déclassés déclarent tout à fait se réaliser professionnellement, pour 52 % des non-déclassés (
tableau 31.05). Ils expriment également un plus grand décalage entre leur formation et l’emploi occupé, et dans ce cas, la moitié la moitié d’entre eux se considèrent sur-diplômés.