Parmi les jeunes sortis de l’enseignement supérieur en 2017, 15 % obtiennent un nouveau diplôme au cours des six années qui suivent leur entrée sur le marché du travail, et 4 % un nouveau titre professionnel. Pour obtenir ce nouveau diplôme, 29 % ont suivi une formation en alternance, 63 % une formation hors alternance (établissement scolaire, cours du soir, etc.) et 8 % déclarent ne pas avoir suivi de formation.
Les jeunes obtenant cette nouvelle certification sont, au premier chef, ceux dont la fin de formation initiale est associée à un échec au diplôme visé. Les sortants sans diplôme de l’enseignement supérieur constituent ainsi le groupe le plus concerné (respectivement 26 % obtiennent un diplôme et 11 % un titre professionnel contre 11 % et 2 % des diplômés du supérieur). Ils sont aussi, avec les diplômés de Bac + 2 ceux qui auront privilégié le plus l’alternance pour préparer ce diplôme (
graphique 32.01). Les certifications acquises post-formation initiale font également plus souvent suite à une sortie de scolarité contrainte - en raison de difficultés personnelles – ou une poursuite empêchée (refus dans une formation, résultats insuffisants, formation éloignée du domicile, etc.), en particulier lorsqu’il s’agit d’un diplôme préparé en alternance ou d’un titre professionnel (
graphique 32.02).
L’obtention d’un nouveau diplôme en début de vie active est aussi plus fréquente chez les jeunes dont le plus haut diplôme détenu en 2017 a davantage un statut de diplôme intermédiaire orienté vers la poursuite d’études que de diplôme professionnalisant orienté vers l’insertion : c’est ainsi le cas de 23 % des diplômés de licence générale contre 9 % de ceux de licence professionnelle. De même, les titulaires d’un diplôme d’une école de commerce (7 %) ou d’ingénieurs (5 %) ainsi que les autres diplômés de niveau Bac + 5 (9 %) ou d’un diplôme de Bac + 2/3/4 en santé social (9 %) sont les moins concernés (Graphique 30.01). La tendance est la même pour les titres professionnels.
Le genre et la spécialité de formation ont également leur importance : à chaque niveau de diplôme, les femmes obtiennent plus souvent un nouveau diplôme (
graphique 32.03). En moyenne, elles ont aussi souvent recours à l’alternance que les hommes, et un peu plus souvent quand elles sont sorties sans diplôme du supérieur. Les jeunes issus de spécialités tertiaires ou littéraires acquièrent plus souvent que les autres une nouvelle certification, et lorsqu’il s’agit d’un diplôme, ils le préparent plus souvent en alternance que les sortants de spécialités industrielles ou scientifiques.
Le délai médian d’obtention d’un titre professionnel depuis la fin de formation initiale est similaire à celui d’un diplôme préparé hors alternance (52 mois), tandis que les nouveaux diplômes préparés en alternance sont plus tardifs (61 mois), ce qui s’explique en partie par un début de formation plus tardif (40 mois en médiane contre 37 pour les non-alternants).
Enfin, 35 % des jeunes jugent que leur nouveau diplôme relève du même domaine que celui du dernier diplôme préparé en formation initiale. Pour 25 % il s’agit en revanche en partie d’une réorientation professionnelle et, pour les 40 % restant, un changement total d’orientation (
graphique 32.04). Les non-diplômés du supérieur sont les plus nombreux à déclarer un changement d’orientation professionnelle : 52 % totalement et 26 % en partie. À l’opposé, 52 % des diplômés de niveau Bac + 5 et plus considèrent que le nouveau diplôme obtenu ne correspond pas à un changement d’orientation professionnelle. Les nouveaux diplômes obtenus en alternance correspondent plus souvent que les autres à un changement d’orientation total ou partiel (76 % contre 61 %).