Le domaine du NC pèse en général peu dans les productions nationales, si bien que la plupart des principaux pays contributeurs entre 2000 et 2023 ont une part nationale nettement inférieur à 1 %. Deux pays font exception en 2023, l’Ukraine et la Russie, avec 2,1 % et 1,7 %. Concernant la France, 1,1 % de ses publications de 2023 portent sur le NC. La thématique enregistre une baisse significative de sa part dans la production scientifique mondiale sur la période, de 0,73 % en 2000 à 0,56 % en 2023 (
graphique 55.01). Les publications dans le NC progressent néanmoins sur la période, quasiment au même rythme que la croissance toutes disciplines (123 %) entre 2000 et 2014, suivi d’une faible dynamique (4,5 %) entre 2014 et 2023. Les quatre sujets principaux du corpus NC sont Physique nucléaire et des rayonnements, Instrumentation nucléaire, Technologie de fusion nucléaire et Cycle du combustible et des matières nucléaires
tableau 55.02).
La Chine et les États-Unis restent les deux premiers pays contributeurs du domaine, comme pour le total des publications mondiales, avec 28,3 % et 12,5 % de part mondiale respectivement en 2023 (
tableau 55.03). Le premier a multiplié sa part par 10 environ sur la période alors que le deuxième l’a réduite de moitié. La Chine devient ainsi spécialisée dans le domaine en 2023, les États-Unis restant non spécialisés. L’Inde a augmenté sa production pour devenir le 3ème contributeur, devant le Russie et le Japon. En doublant sa part l’Ukraine se spécialise dans le domaine. La dynamique est plutôt négative pour la plupart des pays européens.
La part de la France est passée de 6,6 % à 4,1 %, au 6ème rang mondial. Elle est toutefois spécialisée et conforte son engagement dans le domaine sur la période, son indice évoluant de 1,4 à 2,1.
Parmi les principaux contributeurs, la Chine présente un indice d’impact de ses publications qui double sur la période, passant à 20 % au-dessus de la moyenne mondiale (
graphique 55.04). L’indice d’impact des États-Unis baisse pour atteindre 1, la valeur de la référence mondiale. L’Allemagne et le Royaume-Uni maintiennent un indice supérieur à la moyenne mondiale. La France a un impact scientifique de 10 à 40 % supérieur à la moyenne mondiale jusqu’en 2018 puis son impact chute en-dessous de 1.
L’analyse de l’activité inventive dans le domaine du nucléaire est effectuée en utilisant les familles internationales de brevets. Entre les périodes 2000‑2005 et 2018‑2023, le nombre de familles dans le nucléaire au niveau mondial a été multiplié par 2,3 pour atteindre 2 914 familles sur la dernière période (
tableau 55.05). La part du nucléaire dans l’ensemble des brevets a augmenté de 0,11 % à 0,14 % entre ces deux périodes. Parmi les dix premiers pays déposants, tous les pays ont connu une hausse en nombre sur la période, exceptée l’Allemagne qui voit son nombre de familles diminuer. La Chine a particulièrement augmenté sa contribution pour devenir le premier déposant en 2018‑2023 avec 25,1 % de part mondiale, devançant ainsi les États-Unis (21,9 %), le Japon (11,0 %), la Corée du Sud (10,7 %) et la France, 5e, dont la part mondiale a été divisé par 2 entre ces deux périodes pour atteindre 7,5 % en 2018‑2023. Il s’agit de la plus forte chute en part parmi les gros contributeurs au domaine après celle de l’Allemagne.
Au cours de la période 2018‑2023, la Russie est de loin le pays avec l’indice de spécialisation technologique dans le nucléaire le plus élevée (26,1), même si ce pays représente assez peu de brevets tous domaines confondus, devant la France (2,5), dont la spécialisation a baissé sur la période analysée mais reste élevée, le Royaume-Uni (2,3), le Canada (1,9) et la Chine (1,4), qui n’était pas spécialisée entre 2000 et 2017 mais qui est devenue spécialisée sur la dernière période. Le Japon et l’Allemagne ne sont pas spécialisés dans le nucléaire, alors que les États-Unis sont proches de la moyenne mondiale.
Le nucléaire est un domaine technologique où les dépôts impliquant des institutions publiques sont fréquents (21 % des dépôts dans le monde contre 8 % tous domaines confondus) (
graphique 55.06). Les trois pays dont la part de la recherche publique est la plus élevée sont la Corée du Sud, la Chine (34% chacun) et la France (33 %). Cette part est de 11 % aux États -Unis et 8 % au Japon. La part de co-dépôts d’institutions publiques et d’entreprises est particulièrement significative en Russie (7 %) et en France (6 %).