Les enseignements secondaires puis supérieurs se sont fortement développés jusqu’au milieu des années 1990. Malgré une ouverture sociale croissante, des différences entre milieux sociaux demeurent.
En 2024, 81 % des jeunes âgés de 20 à 24 ans possèdent un baccalauréat (
graphique 27.01). L’élan de démocratisation des études a été particulièrement fort après l’instauration du baccalauréat technologique en 1968 puis surtout du baccalauréat professionnel en 1985. En effet, 74 % des enfants d’ouvriers ou d’employés âgés de 20 à 24 ans ont le baccalauréat alors que pour les enfants d’ouvriers ou d’employés âgés aujourd’hui de 45 à 49 ans, seuls 54 % possèdent ce diplôme. L’augmentation de l’obtention du baccalauréat s’observe également parmi les enfants issus d’un milieu favorisé, mais sa progression est moins marquée en raison d’une part historiquement élevée : 90 % des enfants de cadres, de professions intermédiaires ou d’indépendants âgés de 20 à 24 ans ont un baccalauréat, contre 81 % de ceux âgés aujourd’hui de 45 à 49 ans. Malgré la réduction des écarts entre milieux sociaux, les enfants ayant des parents cadres, de professions intermédiaires ou indépendants restent, à tous les âges, plus nombreux à être bacheliers.
Dans la continuité de l’expansion de l’enseignement secondaire, l’enseignement supérieur a beaucoup élargi son recrutement au début des années 1990. En 2024, 53 % des jeunes âgés de 25 à 29 ans sont diplômés de l’enseignement supérieur contre seulement 47 % des personnes âgées de 45 à 49 ans (
graphique 27.02). Les différences entre milieux sociaux restent marquées : en effet, parmi les jeunes âgés de 25 à 29 ans, 68 % des enfants de cadres, de professions intermédiaires ou d’indépendants ont obtenu un diplôme de l’enseignement supérieur, contre 38 % des enfants d’ouvriers ou d’employés (soit 1,8 fois plus). Ce rapport est de 1,9 pour les personnes âgées de 45 à 49 ans (63 % contre 33 %).
En moyenne, de 2022 à 2024, parmi les jeunes âgés de 25 à 29 ans, 68 % des enfants de cadres, de professions intermédiaires ou d’indépendants sont diplômés du supérieur, contre 37 % des enfants d’ouvriers ou d’employés (
graphique 27.03). En outre, les premiers possèdent un niveau plus élevé : en 2022‑2024, 38 % d’entre eux sont diplômés d’un master, d’un doctorat ou d’une grande école, contre seulement 13 % des enfants d’ouvriers ou d’employés. En revanche, le taux de diplômés de l’enseignement supérieur court professionnalisant varie peu selon le milieu social : 10 % des enfants de cadres, de professions intermédiaires ou d’indépendants ont obtenu un
BTS,
DUT, taux proche de celui des enfants d’ouvriers ou d’employés (11 %). En dix ans, le taux de diplômés de l’enseignement supérieur des jeunes âgés de 25 à 29 ans a un peu augmenté quelle que soit la catégorie sociale. Cependant, la part de diplômés de master,
DEA,
DESS et doctorat a doublé pour les jeunes issus de milieu modeste alors qu’elle a augmenté de moitié pour ceux issus d’un milieu favorisé.