À un niveau très agrégé, la France est légèrement spécialisée en Sciences physiques et ingénierie et en Sciences du vivant mais se situe 10 % en deçà de la moyenne mondiale en
SHS (
graphique 35.01). Ce profil très généraliste ressemble beaucoup à celui de l’Allemagne qui est cependant légérement plus présente en
SHS et un peu moins en Sciences physiques et ingénierie. Les autres grands pays scientifiques ont des profils plus tranchés. Les États-Unis sont nettement spécialisés en Sciences du vivant et en
SHS (indices supérieurs à 1,2). La Chine et l’Inde sont très engagés en sciences physiques et ingénierie. L’Espagne et le Royaume-Uni sont fortement présents en
SHS. L’Italie et le Japon sont eux plus spécialisés en Sciences du vivant.
Pour mieux apprécier les points de force de la France, il faut s’intérésser au niveau plus fin des spécialités disciplinaires. Le
tableau 35.02 se concentre sur 20 spécialités dans lesquelles la France est à la fois bien présente et très spécialisée. Nous y trouvons 8 spécialités des Sciences physiques et ingénierie, pour seulement 6 en
SHS et 6 en Sciences du vivant. L’Allemagne est le pays qui est aussi le plus souvent spécialisé dans les domaines de force de la France, mais d’autres grands pays scientifiques sont aussi assez spécialisés dans ces domaines (plus de 10 sur 20), comme le Royaume Uni, l’Espagne, l’Italie ou encore les États-Unis (surtout dans les spécialités des Sciences du Vivant). La Chine et l’Inde sont moins investis dans les points de force de la France.
Pour identifier les domaines de performance de la France, nous retenons le score moyen de citations normalisées comme indice d’impact. Les publications françaises parues entre 2020 et 2024 ont un indice d’impact moyen 7 % au dessus de la moyenne mondiale en Sciences du vivant et inférieur à la moyenne mondiale en Sciences physiques et ingénierie (0,9) ainsi qu’en
SHS (0,7) (
graphique 35.03). L’Italie et l’Espagne affichent des performances comparables à celles de la France, le premier pays faisant légèrement mieux. L’Allemagne a des indices d’impact compris entre 1,0 et 1,1 selon les domaines. Le Royaume-Uni, les États-Unis et la Chine ont des indices d’impact de 10 à 40 % supérieurs à la moyenne mondiale selon les domaines. Le Japon et l’Inde ont les indices les plus faibles, sauf en
SHS pour l’Inde.
À la maille fine des 20 spécialités dans lesquelles la France est à la fois très présente et très spécialisée, la performance de la France apparaît contrastée (
graphique 35.04). Si l’indice d’impact de la France en Mathématiques fondamentales est de 1,03, l’impact de ses publications en Mathématiques appliquées et en Théorie et méthodes informatiques, deux disciplines de forte spécialisation, reste largement inférieur à la moyenne mondiale. Les faibles indices d’impact observés en Littérature, en Littérature en langues romanes, et en Histoire contrastent avec la forte spécialisation du pays dans ces domaines. Ce résultat est potentiellement dû au fait que les publications de la France dans ces disciplines sont souvent en français, ce qui limite leur audience à l’échelle internationale. Les seuls indices d’impact dépassant la moyenne mondiale de plus de 20 % sont observés en Géochimie et géophysique et en Hématologie. Au total, un nombre important de ces spécialités de force de la France ne se matérialisent pas comme des domaines de fort impact moyen du pays.
L’observation de la spécialisation de la France et des autres principaux pays scientifiques dans les domaines les plus dynamiques au niveau mondial (cinq par grand domaine scientifique, cf.
tableau 35.05) permet de compléter la caractérisation du profil scientifique de la France. Les indices montrent que les efforts de la France, entre 2010 et 2024, ne sont pas concentrés sur la plupart des 15 catégories les plus dynamiques à l’échelle mondiale. La France est spécialisée dans une seule de ces catégories, la Neurologie clinique (indice 1,1) où elle est néanmoins devancée par l’Italie, l’Allemagne, et le Royaume-Uni. L’Italie et l’Espagne sont aussi fortement spécialisées en Sciences et technologie alimentaires. Par ailleurs, l’Espagne fait partie des pays spécialisés dans 6 ou 7 de ces catégories dynamiques et compétitives, comme les États-Unis, la Chine et l’Inde.