Les dépenses globales de recherche et développement expérimental (
R&D) s’évaluent soit en termes de financement par les administrations et les entreprises françaises, avec une exécution, majoritairement mais pas uniquement, sur le territoire français (dépense nationale de recherche et développement expérimental,
DNRD), soit en termes d’exécution par les administrations et les entreprises sur le territoire français, en prenant en compte les financements de l’étranger (dépense intérieure de recherche et développement expérimental,
DIRD) (méthodologie).
En 2023, le financement de travaux de
R&D par des entreprises ou des administrations françaises, c’est-à-dire la dépense nationale de recherche et développement expérimental (
DNRD), atteint 65,4 milliards d’euros (Md€). En réalisant 59 % de la
DNRD, les entreprises sont les principaux financeurs des activités de
R&D (
schéma 43.01).
En 2023, les travaux de
R&D effectués sur le territoire national, soit la
DIRD, représentent une dépense de 61,5 Md€, correspondant à 2,18 % de la richesse nationale (mesurée par le
PIB). En volume, c’est-à-dire corrigée de l’évolution des prix, la
DIRD diminue de 0,5 % entre 2022 et 2023. Les entreprises en réalisent 66 % (
tableau 43.02).
En 2024, selon les données provisoires, la
DIRD augmenterait de 1,3 % en volume, en raison de la hausse des dépenses de
R&D des administrations (+ 1,4 %), et de la hausse des dépenses de
R&D des entreprises (+ 1,3 %). Le montant de la
DIRD atteindrait ainsi 63,6 Md€. Du fait de l’augmentation du
PIB (+ 1,2 %), l’effort de
R&D serait de 2,18 % du
PIB, comme en 2023.
Entre 2013 et 2023, la croissance annuelle moyenne en volume de la
DIRD est de 0,8 %, soit une progression légèrement inférieure à celle du
PIB (+ 1,2 %) (
graphique 43.03). Le dynamisme est plus important pour les entreprises (+ 1,1 %) que pour les administrations (+ 0,2 %). L’écart d’évolution entre les entreprises et les administrations est moindre s’agissant de l’évolution de la
DNRD avec, pour les entreprises, une progression de 1,2 % en moyenne annuelle, contre 0,7 % pour les administrations. Depuis 1995, la contribution financière des entreprises au financement de la
R&D est supérieure à celle des administrations (
graphique 43.04), elle s’élève à 59 % en 2023.
L’écart entre le montant de la
DIRD et celui de la
DNRD représente le solde des échanges en matière de
R&D entre la France et l’étranger, y compris les organisations internationales (
tableau 43.02). En 2023, les financements reçus de l’étranger et des organisations internationales (5,3 Md€) représentent 8,6 % du financement de la
DIRD. Ils sont inférieurs aux dépenses des administrations et des entreprises françaises vers l’étranger (9,2 Md€). Pour les administrations comme pour les entreprises, le solde avec l’étranger est largement négatif (respectivement - 2,3 Md€ et - 1,7 Md€). Les principaux financeurs internationaux des administrations sont l’Union européenne (
UE) puis les entreprises à l’étranger. Les principales contributions vers l’étranger des administrations sont à destination de l’Union européenne (contribution au programme cadre de recherche européen) et de l’
ESA.
En 2023, la France se situe en sixième position parmi les pays de l’
OCDE en termes de volume de
DIRD et consacre 2,18 % de son
PIB à la recherche intérieure. La France est en deçà de l’objectif de 3 % fixé par l’
UE dans le cadre de la stratégie « Horizon Europe » et de la moyenne des pays de l’
OCDE (2,70 %) mais au-dessus de la moyenne de l’UE27 (2,14 %) (
graphique 43.05). L’effort de recherche français est inférieur à celui des États-Unis (3,45 %), du Japon (3,44 %), de l'Allemagne (3,13 %), de la Corée du Sud (4,96 %) et du Royaume-Uni (2,68 %). La France se situe devant la Turquie (1,42 %), l’Italie (1,37 %), le Canada (1,81 %) et l’Espagne (1,49 %). De grandes disparités régionales existent en Europe. Ainsi, l’effort de recherche de l’Allemagne (3,13 %), de l’Autriche (3,26 %), de la Belgique (3,27 %), du Danemark (3,07 %), de la Finlande (3,09 %) et celui de la Suède (3,64 %) dépassent les 3 % du
PIB. Cependant, Allemagne exceptée, leur portée sur l’effort de recherche européen reste limitée en raison du poids économique limité de ces pays dans l’UE27. Ils représentent 17 % du
PIB de l’
UE 27 en parité de pouvoir d’achat en dollars alors que l’Allemagne en représente 32 % et la France 15 %.