Sur la période 2018‑2023, parmi les 15 principaux pays inventeurs en nombre de familles internationales de brevets (
graphique 36.01), la part mondiale du Japon est de 21,7 % en repli par rapport à 2010‑2015, suivi de la Chine (18,7 %), en forte progression par rapport à 2010‑2015, dépassant ainsi les États-Unis. La part de la France diminue de 3,9 % à 3,2 % entre les deux périodes et se retrouve à la 7ème position à part égale avec Taïwan. La part de la Corée du Sud est en légère progression ainsi que celle de l’Inde.
Parmi les 15 principaux pays inventeurs, l’Inde est le pays dont la part de co-inventions internationales est la plus élevée (44 %), devant la Suisse (38 %), le Canada (32 %) et le Royaume-Uni (28 %) (
graphique 36.02). La part de co-inventions internationales de la France est de 18 %, ce qui la place devant les États-Unis (17 %), l’Allemagne (16 %) et la moyenne mondiale (6 %). Les parts de co-inventions internationales de la Chine, de la Corée du Sud et du Japon sont en revanche nettement plus faibles, moins de 6 %.
Les États-Unis sont le premier pays partenaire (28 %) des co-inventions de la France, suivi de l’Allemagne (24 %), de la Suisse (14 %) et de la Belgique (7%) (
tableau 36.03). Ces deux derniers pays sont ceux dont les indices d’affinité technologique (cet indicateur mesure la collaboration corrigée de l’effet de taille) avec la France sont les plus élevés (1,8 et 1,7 respectivement) parmi ses principaux partenaires, suivis par l’Espagne, l’Italie et l’Allemagne, illustrant les effets des proximités géographique, organisationnelle et culturelle sur les collaborations d’invention.
Parmi les sous-domaines représentant plus de 50 000 familles sur la période 2018‑2023, la France est spécialisée dans cinq d’entre eux : Transports (2,1), Composants mécaniques (1,7), Autres machines spécialisées (1,5), Techniques de mesure et Manutention (1,2 chacun) (
tableau 36.04). L’Allemagne a un profil proche de celui de la France. Le Royaume-Uni et les États-Unis sont tous les deux spécialisés en Produits pharmaceutiques et en Technologies médicales. Les pays asiatiques présentent des profils bien différents : la Chine est spécialisée en Communication numérique (2,0), le Japon en Optique (1,8), la Corée du Sud et Taïwan en Semi-conducteurs (2,3 et 4,0 respectivement).
Dans la suite de l’analyse, les indicateurs sont présentés selon le secteur institutionnel des déposants. Parmi les huit pays produisant individuellement plus de 2 % de part mondiale, quatre pays ont des parts de famille de brevets impliquant des institutions de recherche publique supérieures à la moyenne mondiale : la France (16 %), la Chine (14 %), la Corée du sud (12 %) et Taïwan (10 %). La France est ainsi le pays ayant la part de la recherche publique totale la plus forte, due notamment à une part élevée de co-dépôts entre recherche publique et entreprises (3,8 %). Enfin, le Japon se distingue par sa part de co-dépôts entre recherche publique et entreprises plus importante (1,7 %) que les dépôts réalisés uniquement par la recherche publique (1,5 %).
La part des familles impliquant des institutions de recherche publique diffère fortement d’un domaine technologique à l’autre. En France, cette part est ainsi de 53 % en Biotechnologies, de 49 % dans les Semi-conducteurs et de 47 % dans les Produits pharmaceutiques (
graphique 36.06). Ceci peut s’expliquer par le poids important des organismes de recherche et des universités dans ces domaines technologiques. En Biotechnologies et en Produits pharmaceutiques, la part des co-dépôts recherche publique et entreprises dépasse les 10 %. La part de la recherche publique est à l’inverse beaucoup plus faible dans certains domaines très appliqués où la France est très spécialisée : 3 % en Composants mécaniques et 2 % dans les Transports par exemple.