En 2024, 74 % des étudiants estimaient leur état de santé bon ou très bon ; à l’opposé, 6 % le jugeaient mauvais ou très mauvais (
graphique 20.01). Pour autant, le jugement que les étudiants portent sur leur état de santé n’est pas uniforme. Les femmes l’évaluent plus négativement que les hommes. Ainsi, 82 % des hommes s’estiment en bonne ou très bonne santé contre seulement 68 % des femmes. L’origine sociale constitue également un critère de différenciation dans l’autoévaluation de l’état de santé : 68 % des étudiants d’origine populaire se déclarent en bonne ou très bonne santé contre 80 % des étudiants d’origine sociale supérieure.
Par ailleurs, seulement 45 % des étudiants estiment que leur sommeil est de bonne ou très bonne qualité, 21 % qu’il est de mauvaise ou très mauvaise qualité et seulement la moitié d’entre eux ont un horaire de lever et de coucher régulier. La qualité du sommeil peut par ailleurs avoir des répercussions sur les parcours académiques : un tiers des étudiants indiquent avoir rencontré des difficultés scolaires liées à leur sommeil.
Un peu plus des trois quarts des étudiants ont consulté un médecin généraliste il y a moins d’un an (
graphique 20.02) et 10 % n’ont pas consulté de généraliste depuis au moins deux ans. Les consultations dentaires sont moins fréquentes : la moitié de la population étudiante a consulté un dentiste il y a moins d’un an et 22 % n’ont pas consulté de dentiste depuis plus de deux ans. De même, seulement 28 % des étudiants se sont rendus dans un service de santé étudiant (SSE), avec des disparités selon le type d’établissement : 32 % des étudiants en école de commerce, 30 % des étudiants d’universités contre 14 % des étudiants en école de la culture et 4 % des étudiants en classes préparatoires aux grandes écoles (
CPGE).
Parallèlement, près d’un quart de la population étudiante déclare avoir renoncé à des soins ou des examens médicaux pour des raisons financières au cours des 12 mois précédant l’enquête (
graphique 20.03). Quel que soit le type de soins ou examens, les étudiantes y renoncent plus souvent que les étudiants. De même, les étudiants ayant quitté le domicile parental renoncent plus souvent à des soins pour des raisons financières que les cohabitants. Le renoncement pour raisons financières concerne également particulièrement les étudiants étrangers (37 % contre 21 % des étudiants de nationalité française).
Sur le plan de la santé mentale, un tiers des étudiants déclarent avoir présenté les signes d’une détresse psychologique dans les quatre semaines qui précédaient leur réponse à l’enquête (
graphique 20.04). Cette prévalence varie selon les publics, en lien avec leurs conditions de vie. Les catégories d’étudiants les plus touchées sont les femmes (38 %), les étrangers (39 %) et les étudiants d’origine sociale populaire (40 %).
Dans l’ensemble, 34 % des étudiants déclarent avoir consulté un psychiatre, un psychologue, un médecin généraliste ou spécialiste, un thérapeute, une infirmière, ou un autre professionnel pour des problèmes émotifs, nerveux, psychologiques ou des problèmes de comportement au cours des 12 derniers mois. Les étudiants qui présentent des signes de détresse psychologique sont nettement plus nombreux (50 % contre 27 % de ceux ne présentant pas ces signes) à avoir consulté pour des raisons de santé psychologique ou mentale ; néanmoins, la moitié d’entre elles et eux n’a consulté aucun professionnel malgré les difficultés rencontrées.
Les étudiants sont 16 % à déclarer avoir pensé à se suicider au cours des 12 mois précédant l’enquête. Les trois principales raisons évoquées pour expliquer les pensées suicidaires sont des raisons liées à la scolarité ou aux études (57 %), des raisons sentimentales (39 %) et des raisons familiales (36 %). Parmi les étudiants déclarant des pensées suicidaires, un peu plus de la moitié (53 %) en ont parlé à quelqu’un et un peu plus des trois quarts (77 %) déclarent avoir imaginé comment s’y prendre. Enfin, 8 % des étudiants déclarent avoir déjà fait au moins une tentative de suicide au cours de leur vie. Parmi eux, 45 % n’ont fait qu’une tentative, 30 % en ont fait deux et 25 % plus de deux.