état de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation en France n°19
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la santé des étudiants

Selon l’enquête Bien-être et les habitudes des étudiants en matière de santé réalisée en 2024, les trois quarts des étudiants s’estiment en bonne santé. Pour autant, seulement un peu moins de la moitié des étudiants jugent leur sommeil de bonne ou très bonne qualité et un quart déclarent avoir renoncé à des soins ou des examens médicaux pour des raisons financières. Enfin, un tiers des étudiants déclarent avoir eu les signes d’une détresse psychologique dans les quatre semaines qui précédaient l’enquête et 16 % avoir eu des pensées suicidaires au cours des douze derniers mois.
 
 
En 2024, 74 % des étudiants estimaient leur état de santé bon ou très bon ; à l’opposé, 6 % le jugeaient mauvais ou très mauvais (graphique 20.01). Pour autant, le jugement que les étudiants portent sur leur état de santé n’est pas uniforme. Les femmes l’évaluent plus négativement que les hommes. Ainsi, 82 % des hommes s’estiment en bonne ou très bonne santé contre seulement 68 % des femmes. L’origine sociale constitue également un critère de différenciation dans l’autoévaluation de l’état de santé : 68 % des étudiants d’origine populaire se déclarent en bonne ou très bonne santé contre 80 % des étudiants d’origine sociale supérieure.

Par ailleurs, seulement 45 % des étudiants estiment que leur sommeil est de bonne ou très bonne qualité, 21 % qu’il est de mauvaise ou très mauvaise qualité et seulement la moitié d’entre eux ont un horaire de lever et de coucher régulier. La qualité du sommeil peut par ailleurs avoir des répercussions sur les parcours académiques : un tiers des étudiants indiquent avoir rencontré des difficultés scolaires liées à leur sommeil.

Un peu plus des trois quarts des étudiants ont consulté un médecin généraliste il y a moins d’un an (graphique 20.02) et 10 % n’ont pas consulté de généraliste depuis au moins deux ans. Les consultations dentaires sont moins fréquentes : la moitié de la population étudiante a consulté un dentiste il y a moins d’un an et 22 % n’ont pas consulté de dentiste depuis plus de deux ans. De même, seulement 28 % des étudiants se sont rendus dans un service de santé étudiant (SSE), avec des disparités selon le type d’établissement : 32 % des étudiants en école de commerce, 30 % des étudiants d’universités contre 14 % des étudiants en école de la culture et 4 % des étudiants en classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE).

Parallèlement, près d’un quart de la population étudiante déclare avoir renoncé à des soins ou des examens médicaux pour des raisons financières au cours des 12 mois précédant l’enquête (graphique 20.03). Quel que soit le type de soins ou examens, les étudiantes y renoncent plus souvent que les étudiants. De même, les étudiants ayant quitté le domicile parental renoncent plus souvent à des soins pour des raisons financières que les cohabitants. Le renoncement pour raisons financières concerne également particulièrement les étudiants étrangers (37 % contre 21 % des étudiants de nationalité française).

Sur le plan de la santé mentale, un tiers des étudiants déclarent avoir présenté les signes d’une détresse psychologique dans les quatre semaines qui précédaient leur réponse à l’enquête (graphique 20.04). Cette prévalence varie selon les publics, en lien avec leurs conditions de vie. Les catégories d’étudiants les plus touchées sont les femmes (38 %), les étrangers (39 %) et les étudiants d’origine sociale populaire (40 %).

Dans l’ensemble, 34 % des étudiants déclarent avoir consulté un psychiatre, un psychologue, un médecin généraliste ou spécialiste, un thérapeute, une infirmière, ou un autre professionnel pour des problèmes émotifs, nerveux, psychologiques ou des problèmes de comportement au cours des 12 derniers mois. Les étudiants qui présentent des signes de détresse psychologique sont nettement plus nombreux (50 % contre 27 % de ceux ne présentant pas ces signes) à avoir consulté pour des raisons de santé psychologique ou mentale ; néanmoins, la moitié d’entre elles et eux n’a consulté aucun professionnel malgré les difficultés rencontrées.

Les étudiants sont 16 % à déclarer avoir pensé à se suicider au cours des 12 mois précédant l’enquête. Les trois principales raisons évoquées pour expliquer les pensées suicidaires sont des raisons liées à la scolarité ou aux études (57 %), des raisons sentimentales (39 %) et des raisons familiales (36 %). Parmi les étudiants déclarant des pensées suicidaires, un peu plus de la moitié (53 %) en ont parlé à quelqu’un et un peu plus des trois quarts (77 %) déclarent avoir imaginé comment s’y prendre. Enfin, 8 % des étudiants déclarent avoir déjà fait au moins une tentative de suicide au cours de leur vie. Parmi eux, 45 % n’ont fait qu’une tentative, 30 % en ont fait deux et 25 % plus de deux.
 
 
L’enquête Bien-être et les habitudes des étudiants en matière de santé (BSE) a été réalisée au printemps 2024 par l’OVE, en collaboration avec la Direction générale de l’enseignement supérieur et de l’insertion professionnelle (DGESIP) du MESRE. Elle concerne les étudiants inscrits à l’université, en classes préparatoires aux grandes écoles, ou dans des écoles d’ingénieurs, de commerce ou de la culture, qui ont répondu à l’enquête Conditions de vie 2023, qui ont accepté d’être recontactés et qui poursuivent leurs études en France à la rentrée suivante. L’enquête BSE ne concerne donc pas les primo-entrants de l’année universitaire 2023‑24. Les résultats présentés ici correspondent à l’analyse de 5 773 questionnaires suffisamment complets pour être exploités.

Pour garantir une meilleure représentativité, les données brutes sont pondérées en référence aux données centralisées par les services statistiques des ministères de tutelle sur les inscriptions effectives dans les établissements.


OVE, Enquête sur bien être et les habitudes des étudiants en matière de santé 2024


Feres Belghith (OVE)

 
20.01
Homme
 
Cohabitant
Français 1
Populaire2
Supérieure 4
 
Ensemble
 
Femme
Décohabitant
Étranger
Moyenne 3
Indépendante 5
 
 
Sexe
Logement
Nationalité
Origine sociale
Etat de santé jugé bon ou très bon
Etat de santé jugé moyennement bon
Etat de santé jugé mauvais ou très mauvais
 
1 Y compris double nationalité.
2 Ménages à dominante employée, ouvriers, ou inactifs.
3 Ménages à dominante intermédiaire.
4 Ménage à dominante cadre.
5 Ménages à dominante indépendante.
Source OVE, Enquête sur bien être et les habitudes des étudiants en matière de santé 2024

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20.02
Généraliste
Dentiste
Ophtalmologue
Gynécologue
Psychologue
Psychiatre
Autre spécialiste
 
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20.03
Homme
 
Français1
Populaire2
Supérieure4
Moins de 20 ans
23‑25 ans
 
Ensemble
 
Femme
Étranger
Moyenne3
Indépendante5
20‑22 ans
Plus de 25 ans
 
 
Sexe
Nationalité
Origine sociale
Âge
 
1Y compris double nationalité.
2 Ménages à dominante employée, ouvriers, ou inactifs.
3 Ménages à dominante intermédiaire.
4 Ménage à dominante cadre.
5 Ménages à dominante indépendante.
Source OVE, Enquête sur bien être et les habitudes des étudiants en matière de santé 2024

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20.04
Homme
 
Cohabitant
Français1
Populaire2
Supérieure4
 
Ensemble
 
Femme
Décohabitant
Étranger
Moyenne3
Indépendante5
 
 
Sexe
Logement
Nationalité
Origine sociale
 
1Y compris double nationalité.
2 Ménages à dominante employée, ouvriers, ou inactifs.
3 Ménages à dominante intermédiaire.
4 Ménage à dominante cadre.
5 Ménages à dominante indépendante.
Source OVE, Enquête sur bien être et les habitudes des étudiants en matière de santé 2024

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