À partir de 1987, l’apprentissage dans l’enseignement supérieur devient possible. Jusqu’alors cantonné aux seuls CAP, la réforme Seguin l’ouvre à tous les niveaux de formation. Mais ce n’est qu’à partir de 1995 qu’il se développe vraiment. Entre les rentrées 1995 et 2000, le nombre d’apprentis de niveaux 5 (préparation d’un diplôme Bac + 2), 6, 7 et 8 (préparation d’un diplôme de 2e, 3e cycle ou grande école) passe de 20 050 à 51 200 (
tableau 21.01). Entre 2005 et 2018, la croissance s’accélère avec l’apparition de la Licence et du Master professionnels et atteint 180 000 apprentis. À partir de 2018 en lien avec la réforme pour la liberté de choisir son orientation professionnelle, les effectifs d’apprentis dans le supérieur bondissent. En 2024‑25, la majorité des apprentis (62,7 %) suit désormais une formation dans le supérieur. Les 657 900 apprentis de l’enseignement supérieur de l’année scolaire 2024‑25 représentent 9,2 % des jeunes âgés de 18 à 25 ans et 21,8 % des étudiants de l’enseignement supérieur.
L’effectif d’apprentis dans l’enseignement supérieur continue de progresser cette année (+ 3,5 %) bien qu’à un niveau moins soutenu que l’année dernière (+ 10,3 %). Tous les niveaux de formation enregistrent une hausse, mais l’évolution par diplôme préparé est plus contrastée : le nombre d’apprentis augmente de 5,0 % pour les diplômes d’ingénieur, de 4,7 % pour les Master, de 3,0 % pour les
BUT et recule de 1,9 % pour les licences et de 1,2 % pour les
BTS. Les autres types de diplômes, notamment les certifications professionnelles délivrées par des écoles privées de l'enseignement supérieur, ont connu une forte croissance, avec près de 20 000 apprentis supplémentaires en 2024‑25 (+ 6,6 % par rapport à l’année précédente). La mise en place du
BUT a eu pour impact une baisse importante des apprentis préparant une Licence (- 1,9 % cette année , après - 36,6 % l’an passé).
36 % des apprentis du supérieur préparent un diplôme de niveau 5, 25 % un diplôme de niveau 6 et 38 % un diplôme de niveau 7 ou 8, (
graphique 21.02). Dans le détail, 28 % des apprentis de l’enseignement supérieur préparent un
BTS, 8 % un Master, 6 % un
BUT, 5 % un diplôme d’ingénieur et 4 % une Licence. Les autres se répartissent entre les diplômes des écoles de commerce et les certifications professionnelles inscrites au RNCP et délivrées principalement par des écoles et des établissements publics ou privés, par le ministère du travail ou par les chambres de commerce et d’industrie…
L’apprentissage dans l’enseignement supérieur, comme l’apprentissage en général, concerne majoritairement les hommes. Mais la part des femmes y est plus importante que pour l’ensemble de l’apprentissage : 48 % dans l’enseignement supérieur contre 43 % pour l’ensemble des appentis. Celle-ci est particulièrement élevée pour les Masters (56 %), le
BTS (44 %) et les licences (46 %). Les femmes sont moins présentes dans les formations d'ingénieurs en apprentissage. Elles sont davantage représentées dans les diplômes plus souvent orientés vers le domaine des services que dans ceux orientés vers le domaine de la production (
graphique 21.03). Quel que soit le diplôme du supérieur préparé, les femmes sont sous-representées en apprentissage (48 % par apprentissage contre 56 % sous statut étudiant en 2024). 50 % des apprentis de l’enseignement supérieur ont plus de 21 ans et 10 % ont plus de 25 ans.
En 2024‑25, les apprentis de 1ère année de formation dans l’enseignement supérieur viennent un peu plus souvent d’une formation sous statut scolaire (41 %) ; 37 % étaient déjà apprenti l’année précédente et 22 % avaient une autre situation (contrat de professionnalisation, emploi, chômage…). En 1ère année de
BTS, 51 % des apprentis étaient dans une classe de terminale sous statut scolaire l’année précédente et 19 % suivaient déjà une formation en apprentissage (
graphique 21.04a,
graphique 21.04b,
graphique 21.04c). Les apprentis en 1ère année de
BUT sont recrutés principalement à l’issue d’une classe de terminale (38 %). Ceux préparant une Licence viennent majoritairement d’une formation sous statut apprenti (45 %), principalement d’un
BTS (37 %) tandis que plus d’un jeune sur trois était sous statut scolaire (41 %). Les apprentis préparant un diplôme d’ingénieur sont issus majoritairement d’une formation déjà en apprentissage (46 %) et plus d’un tiers des jeunes étaient sous statut scolaire l’année dernière (38 %).
La part de l’enseignement supérieur dans l’apprentissage varie fortement selon les régions-académiques. En Ile-de-France, 81 % des apprentis suivent une formation dans l’enseignement supérieur, cette part varie de 41 à 74 % dans les autres régions.