En 64 ans, les inscriptions dans l'enseignement supérieur ont été multipliées par 10 (
tableau 12.01). De 310 000 étudiants inscrits en 1960, cet effectif atteint 3 013 000 à la rentrée 2024. Les tendances démographiques et scolaires laissent anticiper une progression modérée au cours des prochaines années : les effectifs atteindraient 3,1 millions à l’horizon 2033. Cette trajectoire demeure toutefois sensible aux variations du taux de bacheliers dans une génération et aux évolutions des poursuites d’études dans l’enseignement supérieur.
La hausse du nombre d’étudiants inscrits a été dans un premier temps portée principalement par le dynamisme démographique des années 1950 et 1960. L'accès élargi au baccalauréat a été un moteur déterminant, particulièrement entre 1987 et 1995, période durant laquelle la proportion de bacheliers dans une génération est passée de 33 % à 63 %. Après une période de stabilité, cette proportion a augmenté fortement récemment, passant de 65 % en 2010 à 76 % en 2024 (
fiche 09). Ce développement de l’accès au baccalauréat est dû notamment à une diversification de l’offre, avec dans un premier temps la création du baccalauréat technologique (1968), suivie de celle du baccalauréat professionnel (1985). Ce dernier a contribué à l’essentiel de l’augmentation récente de la proportion de bacheliers au sein d’une génération après l’important essor du nombre de bacheliers généraux entre 1988 et 1995. De plus, l’aspiration des jeunes et de leurs familles à un diplôme de l’enseignement supérieur a également contribué à la forte progression du nombre d’étudiants (
fiche 26). En 2024, 49 % des 25‑49 ans étaient diplômés de l’enseignement supérieur contre 27 % en 2003 (
graphique 12.02).
Au cours des années 1960, le développement de l’enseignement supérieur est principalement porté par les filières universitaires hors
IUT (
tableau 12.01). Leur poids relatif dans l’ensemble des inscrits progresse de 69 % en 1960 à 75 % en 1970. Cette proportion diminue ensuite de manière continue pendant plus de cinquante ans, pour s’établir à 49 % en 2024. De 1970 à 1980, la croissance des effectifs du supérieur est imputable aux
DUT et, plus encore, aux
STS hors apprentissage, en lien avec la forte hausse des bacheliers technologiques puis professionnels. Depuis 1970, la part des étudiants inscrits dans les « autres établissements et formations » (
voir définition) s’accroît fortement : elle a doublé en un peu plus de 50 ans, passant de 15 % en 1970 à 30 % en 2024, témoignant de la diversification progressive des formations de l’enseignement supérieur.
Depuis 2019, les inscriptions dans les établissements privés ont crû de 29,6 %, alors que les inscriptions dans le secteur public n’ont que légèrement progressé (+ 1,1 %) sur la même période. Le secteur privé compte 799 700 étudiants inscrits en 2024, ce qui représente plus d’une inscription sur quatre (
graphique 12.03). La quasi-totalité des étudiants inscrits en écoles de commerce, de gestion ou de vente relèvent du secteur privé. Ce même secteur accueille également près de huit étudiants sur dix dans les écoles d’art. À l’inverse, deux tiers des étudiants des formations d’ingénieurs étudient dans le secteur public et la très grande majorité des étudiants inscrits en cursus
LMD sont dans le secteur public.
La croissance des inscriptions de l'enseignement supérieur français durant les cinq dernières années s'explique en partie par l'accroissement du nombre d’étudiants étrangers en mobilité internationale (
graphique 12.04). Leur croissance annuelle a été plus élevée que celles des étudiants français entre les rentrées 2015 et 2019. Après un repli en 2020‑21 du fait du contexte de crise sanitaire, puis une croissance importante en 2021‑22, le nombre d’étudiants étrangers en mobilité internationale en France augmente de 2,9 % à la rentrée 2024. Ils représentent 11,7 % des étudiants de l’enseignement supérieur.