La position de la France est observée à travers les publications scientifiques des quinze dernières années. L’audience scientifique de la France dans le monde, évaluée via la part des références mondiales spécifiquement faites aux travaux des scientifiques employés par des institutions françaises passe de 4 % à 2,7 % du total des citations entre 2010 et 2024, soit une baisse de 33 % (
schéma 33.01). Les connaissances produites par les chercheurs employés aux États-Unis restent la référence principale de la communauté scientifique mondiale malgré une décroissance de 27 % sur la même période. De son côté, la Chine a plus que triplé son audience qui s’établit désormais à 17,7 % en 2024. Parmi les principales nations scientifiques, seul le Japon connait une chute supérieure à celle de la France (46 %). La France est désormais assez largement distancée par un pays émergent tel que l’Inde et est dépassée par des pays comparables tels que le Canada, l’Italie et l’Australie.
La dynamique en volume des publications françaises s’érode sur la période pour atteindre une part mondiale de 1,9 % en 2024. La France se situe au 13ème rang mondial des pays publiant le plus, derrière l’Italie, la Corée du Sud, l’Espagne, le Canada et le Brésil. Avec plus de 28 % de la production scientifique mondiale la Chine dépasse largement les États-Unis qui ne sont plus qu’à 14 % (
graphique 33.02).
Une majorité des principaux pays publiant connaissent une baisse de leur nombre de contributions et de leur part mondiale. Ces évolutions s’expliquent par la percée de certains pays, mais aussi par la forte croissance des copublications internationales qui réduisent le nombre des contributions individuelles de chaque pays. Trois pays, la Chine, l’Inde et la Turquie, conservent une forte dynamique de leurs publications. La hausse en volume est moins importante pour l’Italie, la Corée du Sud et l’Espagne. La décélération française est plus forte que celle des grands pays scientifiques traditionnels ; elle contraste en outre avec celle des pays similaires tels l’Italie et l’Espagne (
graphique 33.03).
Les publications scientifiques mondiales relèvent principalement des institutions publiques et académiques à plus de 91 % ; moins de 1 % proviennent des entreprises comme seules signataires et près de 7 % sont cosignées par des entreprises et des institutions publiques et académiques (
graphique 33.04). Sur la période 2020‑2024, cinq des principaux producteurs ont des parts de publications impliquant des entreprises supérieures à 10 % : le Japon (13,2 %), la France (11,8 %), les États-Unis (11,2 %), l’Allemagne (10,7 %) et la Corée du Sud (10,2 %). Le partenariat entreprise-institution publique est en progression dans la recherche scientifique sur la dernière décennie, en France comme dans le reste du monde.
Les co‑publications internationales caractérisent la production scientifique des pays à des niveaux variables. Les 3 pays les plus dynamiques en production, la Chine, l’Inde et la Turquie, contrastent avec moins de 30 % de co‑publications internationales chacun, une part faible par rapport aux autres grands producteurs. Les co‑publications internationales pèsent à 41 % dans la production scientifique de États-Unis. Le poids des co‑publications avec au moins une institution à l’étranger est de 63 % pour la France, un peu inférieure à celle du Royaume-Uni (67 %) et supérieure à celles de l’Allemagne, de l’Espagne et de l’Italie (58 %, 52 % et 51 % respectivement) (
graphique 33.05).
Alors que l’audience scientifique susmentionnée fournit une approximation de l’appropriation courante des travaux d’un pays par la communauté des chercheurs, les mesures d’impact scientifique proposées ici visent à caractériser l’impact des flux nationaux de recherche dans la communauté scientifique mondiale. L’indice d’impact global est la moyenne des scores de citations normalisées des articles du pays et l’indice d’excellence donne le ratio de la part des publications nationales dans le Top 10 % des plus citées à la même part pour le monde. Sept pays, parmi les principaux pays publiant ont un indice d’impact et un indice Top 10 % supérieurs à 1, la moyenne mondiale par construction de l’indicateur (
graphique 33.06). Le Royaume-Uni, l’Australie, les États-Unis et la Chine ont des indices 10 à 30 % supérieurs à cette référence mondiale, sur les deux segments global et excellent. L’Italie, l’Allemagne et le Canada font mieux que la France avec des indices d’impact et d’excellence supérieurs à 1, la valeur de référence. La France a des indices d’impact et d’excellence significativement inférieurs à ce groupe de tête (0,94 et 0,87 respectivement), légèrement supérieurs à ceux de l’Espagne et de la Corée du Sud.