Les comparaisons internationales des dépenses d’éducation sont délicates du fait de la diversité démographique et socio-économique des pays et de la spécificité des systèmes éducatifs nationaux. Dans l’enseignement supérieur, cette difficulté est renforcée par l’hétérogénéité des dispositifs éducatifs existants. Il est cependant possible d’apprécier la situation de la France au regard d’indicateurs généraux.
La part de la dépense d’éducation en pourcentage du Produit Intérieur Brut (
PIB) est l’indicateur qui permet d’évaluer de la façon la plus globale l’effort effectué par l’ensemble des financeurs en faveur des systèmes éducatifs nationaux (
graphique 02.01). Avec 1,7 % du
PIB consacré en 2022 à l’enseignement supérieur, la France est au-dessus de la moyenne des pays de l’
OCDE (1,4 %). Elle devance des pays comme la Suède (1,5 %), l’Espagne (1,4 %), l’Allemagne (1,3 %), l’Italie (1,0 %). La Norvège, le Canada et le Royaume-Uni y consacrent en revanche une part plus importante de leur
PIB (entre 1,9 % et 2,1 %). Les États-Unis réalisent un effort financier très au-dessus de la moyenne (2,3 %).
La comparaison des dépenses annuelles par étudiant (
graphique 02.02) ne donne pas tout à fait la même hiérarchie que l’indicateur précédent, du fait de la taille de la population étudiante. En 2022, les États-Unis se détachent nettement par le niveau élevé de dépense par étudiant (36 270
$PPA), suivis du Royaume-Uni, de la Norvège, du Danemark et de la Suède qui dépensent plus de 28 800
$PPA. La France, qui consacre 21 380
$PPA par étudiant, est dans la moyenne des pays de l’
OCDE (21 440
$PPA). Elle dépense davantage que l’Espagne ou l’Italie. En Allemagne, la dépense par étudiant est plus élevée qu’en France bien que la part de l’enseignement supérieur dans le
PIB y soit moindre. À l’inverse, si la Corée du Sud dépense nettement moins par étudiant que la moyenne de l’
OCDE, elle consacre à l’enseignement supérieur une part plus importante de son
PIB.
Entre 2015 et 2022, la dépense moyenne annuelle par étudiant dans les pays de l’
OCDE augmente de 1,2 % en prix constants (
graphique 02.03). Elle est portée par des pays tels que la Corée du Sud, l’Irlande ou la Belgique : les moyens consacrés à l’enseignement supérieur sont plus dynamiques que les effectifs étudiants. C’est aussi le cas, dans une moindre mesure, en Allemagne où la dépense moyenne par étudiant s’accroît de 0,5 % par an, les moyens y augmentant de 1,8 % et les effectifs de 1,4 %. En France, le coût moyen progresse de 0,2 % par an sur la période, sous l’effet d’une hausse des moyens (+ 3,0 %) légèrement supérieure à celle des effectifs (+ 2,8 %). À l’inverse, la dépense moyenne par étudiant baisse de 1,0 % par an au Canada, 1,2 % en Suède et 2,1 % en Finlande en raison d’une plus forte augmentation des effectifs étudiants comparativement aux moyens.
L’enseignement supérieur est majoritairement financé par des fonds publics : en moyenne
OCDE, l’État, les collectivités et autres administrations publiques assurent le financement des établissements à hauteur de 70,6 % en 2022, dépassant largement la contribution des acteurs privés (ménages et autres financeurs tels que les entreprises) (
graphique 02.04). Les pays scandinaves et la Belgique affichent un financement des établissements d’enseignement supérieur quasiment exclusivement public (supérieur à 87 %). À l’opposé, au Royaume-Uni, au Japon, en Australie, aux États-Unis, et en Corée du Sud, le financement est majoritairement d’origine privée. La France, avec une part du financement public de 68,5 %, est passée légèrement en-dessous de la moyenne des pays de l’
OCDE, et ce en lien avec la réforme de l’apprentissage qui a transféré depuis 2020 le financement des régions à des organismes professionnels.