état de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation en France n°19
état de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation en France n°19
 
02

la dépense pour l’enseignement supérieur dans les pays de l’OCDE

En 2022, l’effort national consacré à l’enseignement supérieur représente 1,7 % du produit intérieur brut, soit un poids supérieur à la moyenne observée dans les pays de l’OCDE (1,4 %). La dépense par étudiant en France avoisine la moyenne des pays de l’OCDE. Elle augmente par rapport à 2015 mais nettement moins que la moyenne OCDE.
 
 
Les comparaisons internationales des dépenses d’éducation sont délicates du fait de la diversité démographique et socio-économique des pays et de la spécificité des systèmes éducatifs nationaux. Dans l’enseignement supérieur, cette difficulté est renforcée par l’hétérogénéité des dispositifs éducatifs existants. Il est cependant possible d’apprécier la situation de la France au regard d’indicateurs généraux.

La part de la dépense d’éducation en pourcentage du Produit Intérieur Brut (PIB) est l’indicateur qui permet d’évaluer de la façon la plus globale l’effort effectué par l’ensemble des financeurs en faveur des systèmes éducatifs nationaux (graphique 02.01). Avec 1,7 % du PIB consacré en 2022 à l’enseignement supérieur, la France est au-dessus de la moyenne des pays de l’OCDE (1,4 %). Elle devance des pays comme la Suède (1,5 %), l’Espagne (1,4 %), l’Allemagne (1,3 %), l’Italie (1,0 %). La Norvège, le Canada et le Royaume-Uni y consacrent en revanche une part plus importante de leur PIB (entre 1,9 % et 2,1 %). Les États-Unis réalisent un effort financier très au-dessus de la moyenne (2,3 %).

La comparaison des dépenses annuelles par étudiant (graphique 02.02) ne donne pas tout à fait la même hiérarchie que l’indicateur précédent, du fait de la taille de la population étudiante. En 2022, les États-Unis se détachent nettement par le niveau élevé de dépense par étudiant (36 270 $PPA), suivis du Royaume-Uni, de la Norvège, du Danemark et de la Suède qui dépensent plus de 28 800 $PPA. La France, qui consacre 21 380 $PPA par étudiant, est dans la moyenne des pays de l’OCDE (21 440 $PPA). Elle dépense davantage que l’Espagne ou l’Italie. En Allemagne, la dépense par étudiant est plus élevée qu’en France bien que la part de l’enseignement supérieur dans le PIB y soit moindre. À l’inverse, si la Corée du Sud dépense nettement moins par étudiant que la moyenne de l’OCDE, elle consacre à l’enseignement supérieur une part plus importante de son PIB.

Entre 2015 et 2022, la dépense moyenne annuelle par étudiant dans les pays de l’OCDE augmente de 1,2 % en prix constants (graphique 02.03). Elle est portée par des pays tels que la Corée du Sud, l’Irlande ou la Belgique : les moyens consacrés à l’enseignement supérieur sont plus dynamiques que les effectifs étudiants. C’est aussi le cas, dans une moindre mesure, en Allemagne où la dépense moyenne par étudiant s’accroît de 0,5 % par an, les moyens y augmentant de 1,8 % et les effectifs de 1,4 %. En France, le coût moyen progresse de 0,2 % par an sur la période, sous l’effet d’une hausse des moyens (+ 3,0 %) légèrement supérieure à celle des effectifs (+ 2,8 %). À l’inverse, la dépense moyenne par étudiant baisse de 1,0 % par an au Canada, 1,2 % en Suède et 2,1 % en Finlande en raison d’une plus forte augmentation des effectifs étudiants comparativement aux moyens.

L’enseignement supérieur est majoritairement financé par des fonds publics : en moyenne OCDE, l’État, les collectivités et autres administrations publiques assurent le financement des établissements à hauteur de 70,6 % en 2022, dépassant largement la contribution des acteurs privés (ménages et autres financeurs tels que les entreprises) (graphique 02.04). Les pays scandinaves et la Belgique affichent un financement des établissements d’enseignement supérieur quasiment exclusivement public (supérieur à 87 %). À l’opposé, au Royaume-Uni, au Japon, en Australie, aux États-Unis, et en Corée du Sud, le financement est majoritairement d’origine privée. La France, avec une part du financement public de 68,5 %, est passée légèrement en-dessous de la moyenne des pays de l’OCDE, et ce en lien avec la réforme de l’apprentissage qui a transféré depuis 2020 le financement des régions à des organismes professionnels.
 
 
L'indicateur de dépense pour l’enseignement supérieur, publié par l'OCDE, est légèrement différent de la dépense intérieure d'éducation mesurée en France dans le compte de l'éducation (voir fiche 01). Le périmètre des dépenses de recherche et développement (R&D) est plus large dans l’indicateur international car il inclut toutes les dépenses de recherche liées à l’enseignement supérieur telles qu’elles sont calculées pour la Direction de la Science, de la Technologie et de l’Industrie de l’OCDE : les organismes de recherche comme le CNRS ou l’INSERM sont compris. En revanche, l’indicateur de l’OCDE ne prend pas en compte les formations de type extrascolaire (formation professionnelle continue, cours du soir). En outre, cet indicateur retrace « la dépense d'éducation au titre des établissements d'enseignement ». Ainsi, à la différence de l'indicateur de dépense intérieure d'éducation, il ne comprend pas les dépenses d’éducation effectuées par les ménages en dehors des établissements (livres, fournitures, leçons particulières, habillement...), même si ces dépenses privées portant sur les biens et services liés à l'éducation sont subventionnées par des aides publiques. Enfin, les effectifs des étudiants en apprentissage sont comptés pour moitié car on considère qu’ils passent la moitié de leur temps en formation dans un établissement d’enseignement, l’autre moitié étant en entreprise. Le post-secondaire hors enseignement supérieur (CITE 4) n’est pas comptabilisé.

Cet indicateur international est présenté en $PPA (équivalents-dollars des États-Unis) convertis en utilisant les parités de pouvoir d’achat pour le PIB qui sont des taux de conversion monétaire permettant d’exprimer dans une unité commune les pouvoirs d’achat des différentes monnaies.


OCDE, Regards sur l'éducation 2025


Valérie Liogier (DEPP A3)

 
Dépense intérieure d'éducation consacrée à l'enseignement supérieur rapportée au PIB
1,7 %
 
2022
France entière
 
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Extrait de la fiche "02. la dépense pour l’enseignement supérieur dans les pays de l’OCDE".

Source : OCDE, Regards sur l'éducation 2022

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Part de la dépense d'origine publique (en %)
Part de la dépense d'origine privée (en %)
 
1 Financement final : financement après prise en compte des transferts existant entre les différents agents économiques.
Les subventions publiques aux ménages sont donc comptabilisées dans la dépense des ménages et retranchées de celle des agents publics qui leur ont versé ces subventions. Les financements en provenance de sources internationales sont comptabilisés dans les dépenses publiques sauf en Australie, au Canada et en Corée du Sud où elles sont comptabilisées dans les dépenses privées.
2 En Australie, au Canada et en Corée du Sud, le financement international est comptabilisé avec le privé.
Source OCDE, Regards sur l'éducation 2025

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