En 2024‑25, 691 000 étudiants reçoivent au moins une aide financière directe du
MESRE, soit une baisse de 3,4 % par rapport à l’année universitaire précédente. Cette diminution est directement liée à la baisse du nombre d’étudiants boursiers (- 2,6 %) (
tableau 03.01). En effet, la très grande majorité des étudiants aidés sont boursiers sur critères sociaux (96 %). Les autres perçoivent au moins une allocation spécifique annuelle ou une aide ponctuelle (4 %). La part d’étudiants aidés, parmi ceux inscrits dans une formation ouvrant droit à une aide du
MESRE, s’élève à 37 %. La part des boursiers sur critères sociaux varie selon les filières. Plus de la moitié des étudiants en
STS sous statut scolaire sont boursiers (53 %,
graphique 03.02), soit deux fois plus qu’en classes préparatoires aux grandes écoles (
CPGE), où un quart des étudiants seulement sont boursiers. À l’université, 4 étudiants sur 10 sont boursiers parmi ceux inscrits dans une formation ouvrant droit à l’aide. La baisse conjointe du nombre et de la part de boursiers à la rentrée 2024 s’explique par la non revalorisation du barème d’éligibilité dans un contexte d’inflation.
En 2024, le montant des aides de l’État aux étudiants est de 6,8 milliards d’euros, soit une progression en euros constants de 37 % depuis 1995 et une augmentation de 3,9 % par rapport à 2023 (
tableau 03.03). Ces aides sont constituées d’aides directes, d’aides indirectes et d’avantages fiscaux.
Les aides directes de l’État représentent plus des deux tiers du montant total de l’action sociale aux étudiants. Les bourses (y compris les bourses sur critères sociaux) et les prêts forment la part la plus importante des dépenses (2,4 milliards d’euros en 2024, soit 35 % du total). Elles ont une tendance à la hausse sur le long terme (+ 63 % depuis 1995, en euros constants), et sont également en augmentation par rapport à l’année précédente (+ 7,1 %), en raison de la réforme des bourses sur critères sociaux de l’année 2023‑24, qui a davantage pesé sur l’année budgétaire 2024 que 2023. L’allocation de logement social (
ALS), qui correspond à 1,9 milliard d’euros, soit 28 % du montant total des aides de l’État, a augmenté de 78 % par rapport à 1995 (en euros constants). S’ajoute également la part de l’État dans les aides personnalisées au logement (
APL) versées par la
CNAF.
Des aides indirectes viennent compléter le dispositif. Elles regroupent les œuvres sociales des
CROUS, les aides aux associations ainsi que l’exonération des droits d’inscription pour les étudiants boursiers. Elles représentent 10 % de l’ensemble des aides sociales. Elles comprennent notamment la subvention au réseau des œuvres universitaires (8 % du total des aides sociales aux étudiants en 2024 soit 577 millions d’euros). Les restaurants universitaires proposent des tarifications dites « sociales » à 3,30 euros et « très sociales », avec la mise en place du ticket repas à 1 euro en septembre 2020. Au départ circonscrit aux étudiants boursiers, le repas à 1 euro est élargi à partir de la rentrée 2021 aux étudiants en situation de précarité. Entre septembre 2023 et juin 2024, 523 000 étudiants ont pu en bénéficier. En moyenne, sur cette période, 285 000 étudiants boursiers et 16 000 étudiants non boursiers ont bénéficié chaque mois de repas à 1 euro.
Enfin, les aides de l’État comprennent également des aides fiscales. Il s’agit d’avantages fiscaux entrant dans le calcul de l’impôt sur le revenu : la majoration du quotient familial pour les étudiants rattachés au foyer fiscal de leurs parents (1,2 milliard d’euros) et la réduction d’impôt pour étudiant à charge. Ces aides fiscales représentent 21 % de l’ensemble des aides sociales aux étudiants.