La qualification par le Conseil national des universités (
CNU) est un préalable aux concours de recrutement d’enseignants-chercheurs. Avec la mise en œuvre de la loi de programmation de la recherche (LPR) qui supprime notamment l’obligation de qualification pour les maîtres de conférences (
MCF) qui souhaitent candidater sur des postes de professeur des universités (
PR), les candidatures à la qualification aux fonctions de
PR ont nettement diminué.
En 2024, le
CNU a examiné 13 000 demandes de qualification. Ces dossiers ont été déposés par 8 500 candidats. En effet, plusieurs dossiers de candidatures peuvent émaner d’une même personne en raison de la possibilité pour les candidats de s’inscrire au titre de plusieurs sections du
CNU et/ou au titre des deux corps d’enseignants-chercheurs. Au final, le
CNU a délivré 8 360 qualifications à 6 400 qualifiés, soit 64 % des dossiers examinés. Les femmes représentent respectivement 45 % des candidats et des personnes qualifiées (
graphique 05.01).
La moitié des qualifiés (51 %) se sont présentés dès l’année de leur qualification à un concours de recrutement d’enseignant-chercheur : 51 % des qualifiés
MCF et 38 % pour les qualifiés
PR.
En 2024, les établissements d’enseignement supérieur ont publié 2 500 postes à pourvoir. Le nombre global de postes publiés par les établissements, en forte baisse entre 2009 et 2019 (- 51 %), est légèrement remonté en 2020 et 2021 (+ 5 %). Le nombre de postes publiés est passé de 1 800 postes en 2021 à 2 500 en 2024 (+ 37 % ; + 9 % par rapport à 2023), ce qui constitue le plus haut niveau depuis 2014. À l’inverse de l’année dernière, l’augmentation concerne principalement le nombre de postes de
PR (+ 19 %) tandis que les postes de
MCF progressent plus modérément (+ 4 %). Parmi les postes publiés en 2024, 2 250 ont été pourvus, soit 91 % du total. La grande majorité de ces postes est pourvue par concours (90 %). L’autre partie (10 %) est pourvue par la voie de la mutation, c’est-à-dire par des enseignants-chercheurs qui appartiennent déjà au corps des
PR ou au corps des
MCF au moment de leur candidature. Le nombre de postes pourvus par la voie du détachement est marginal (
graphique 05.02 et
graphique 05.03). Les
PR recrutés par concours ont un âge moyen de 47 ans ; celui des
MCF à leur recrutement est de 35 ans. Globalement, la durée séparant l’obtention du doctorat et le recrutement s’allonge dans le temps. La majorité des
MCF recrutés en 2023 (57 %) ont obtenu leur doctorat plus de deux ans avant d’être recrutés contre un tiers en 2007. Toutes disciplines confondues, la proportion de femmes recrutées parmi les
MCF (44 %) est proche de celle des femmes candidates (46 %). En ce qui concerne les
PR, la proportion de femmes recrutées est globalement supérieure à celle des candidates (respectivement 40 % et 36 %).
La majeure partie des
MCF nouvellement recrutés en 2024 – hors mutation et détachement – étaient post-doctorants (42 %). Ces derniers sont devenus, depuis 2007, le premier « vivier » des nouveaux
MCF (14 % en 2002) au détriment des attachés temporaires d’enseignement et de recherche (
ATER) dont la proportion tend à décroître au fil du temps (46 % en 2002 contre 13 % en 2024). La plupart des
PR (92 %) sont recrutés parmi les
MCF (
graphique 05.04). En 2024, 23 % des
MCF ont soutenu leur thèse dans l’établissement de recrutement (endorecrutement). De même, au moment de leur recrutement en tant que
PR, 54 % des candidats étaient
MCF dans le même établissement. Les
MCF recrutés sont 24 % à être de nationalité étrangère, alors que la proportion de
PR étrangers recrutés est de 9 % (
graphique 05.05). La majorité des enseignants-chercheurs étrangers recrutés sont originaires du continent européen, cette proportion atteignant 77 % pour les
PR et 39 % pour les
MCF.