État de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation en France n°14
État de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation en France n°14
 

l'état de l'Enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation - résumé

 
Chaque année, l'état de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation présente un état des lieux chiffré du système français, de ses évolutions, des moyens qu'il met en œuvre et de ses résultats. Une mise en perspective internationale est réalisée pour les indicateurs les plus structurants. L’ouvrage aborde une cinquantaine de thèmes déclinés sur une double page comportant une synthèse et plusieurs graphiques et tableaux illustratifs. L’essentiel des données est issu de sources exploitées par le service statistique ministériel en charge de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation (la sous-direction des systèmes d’information et des études statistiques, SIES). Ce document s’appuie aussi largement sur d’autres sources et contributions émanant du MESRI et du MENJS (DEPP, DGESIP, DGRI, DGRH notamment) ou d’autres organismes, en particulier de l'Insee, de l'OCDE, du Céreq, de l'OST du Hcéres, d’Erasmus+ et de l'OVE.

Des dépenses en faveur de l'enseignement supérieur légèrement supérieures à la moyenne de l’OCDE

En 2019, la collectivité nationale a dépensé 32,6 milliards d'euros (Md€) pour l'enseignement supérieur, soit une progression de 0,2 % par rapport à 2018 (en prix constants, c’est-à-dire corrigés de l’inflation) (fiche 01). Cette dépense a connu une forte croissance depuis 1980 : elle a été multipliée par 2,7 (en prix constants). En 2019, la dépense moyenne par étudiant s'élève à 11 530 euros. Elle est un peu supérieure à la dépense moyenne pour un lycéen (11 280 euros en 2019). Depuis 2011, la dépense moyenne par étudiant s’est réduite, sous l’effet de la vive progression des effectifs étudiants. Ainsi, la dépense moyenne par étudiant s’est réduite de près de 6,1 % en cinq ans, alors même que le nombre d’étudiants inscrits progressait de près de 11,5 %. Sa progression est néanmoins forte sur longue période, avec une croissance de 34 % depuis 1980. Le coût par étudiant est différent selon les filières de formation : il varie de 10 110 euros en moyenne par an pour un étudiant d'université jusqu'à 15 710 euros pour un élève de CPGE. Le différentiel s'explique en grande partie par le taux d'encadrement pédagogique.

Plus des deux tiers de cette dépense pour l'enseignement supérieur concernent le personnel. À la rentrée 2019, le potentiel d'enseignement et de recherche dans l'enseignement supérieur public sous tutelle du MESRI est de 92 160 enseignants dont 55 500 enseignants-chercheurs et assimilés, soit 60 % de l'ensemble (fiche 04). Les enseignants du second degré et les enseignants non permanents représentent respectivement 14 % et 26 % de ces effectifs. Depuis 20 ans, le nombre d'enseignants dans le supérieur a progressé de 11 %.

La part de l'État est prépondérante dans le financement de l'enseignement supérieur (près de un peu moins de 70 % en 2019). Celle des ménages est un peu inférieure à 10 %. À la rentrée 2019, plus de 818 300 étudiants ont bénéficié d'une aide financière directe sous la forme de bourses ou de prêts. C’est près de 45 000 de plus par rapport à 2018. Au total, l'aide financière et sociale en leur faveur, incluant notamment les allocations de logement et les allégements fiscaux, atteint 5,7 Md€ (hors contribution des différents régimes au financement des assurances sociales des étudiants) (fiche 03).

En consacrant 1,5 % de son PIB en 2017 à l'enseignement supérieur, la France se situe dans la moyenne des pays de l'OCDE (1,5 %) (fiche 02). Elle devance des pays européens comme l’Espagne (1,3 %), l’Allemagne (1,2 %) ou l’Italie (0,9 %) mais est distancée par le Royaume-Uni (2,0 %), les Pays-Bas (1,7 %) et la Finlande (1,6 %). Elle se positionne loin derrière les États-Unis (2,6 %), le Canada (2,3 %). Les comparaisons internationales doivent cependant être interprétées avec prudence car elles intègrent des structures de financement très disparates.

Le nombre d’étudiants progresse vivement : + 10 % sur les seules 5 dernières années

Selon les résultats de la session 2019 du baccalauréat, 668 300 candidats ont obtenu le baccalauréat (fiche 07) et 723 000 en 2020. La part d'une génération ayant le bac, qui a dépassé 60 % en 1995, atteint 80,0 % en 2019.

La quasi-totalité des bacheliers généraux et trois quarts des bacheliers technologiques s'inscrivent dans l'enseignement supérieur ; pour les bacheliers professionnels, dont une majorité se dirige d’emblée vers la vie active, le taux d’inscription dans l’enseignement supérieur est certes inférieur mais il a nettement progressé ces dernières années d’années (notamment en STS, + 8 points en 5 ans). Tous baccalauréats confondus, près des trois quarts des bacheliers 2019 s’est inscrit immédiatement dans une formation d’enseignement supérieur.

Le système Parcoursup centralise l’essentiel des démarches d’orientation dans l’enseignement supérieur. Au cours de la campagne 2020, plus de 647 000 élèves de Terminale en 2019‑20  ont confirmé des voeux (fiche 09). En moyenne, la liste de vœux d’un candidat compte 10 vœux. Cette liste se compose à 34 % de vœux en Licence (dont 4 % en LAS), 4 % en PASS, 31 % en STS, 12 % en DUT, 6 % en CPGE et 6 % en DE sanitaire et social, les autres vœux étant formulés dans d’autres formations présentes sur Parcoursup. Pour les candidats de terminale générale, la Licence est le vœu le plus fréquent (50 % dont 6 % en LAS), suivie dans l’ordre d’importance par les DUT (13 %), CPGE (10 %) et les STS (9 %). Pour les candidats en terminale technologique ou professionnelle, la STS est la filière la plus choisie, représentant respectivement 50 % et 76 % de leurs listes de vœux en moyenne. En fin de procédures principale et complémentaire, le 25 septembre 20120 93,5 % des bacheliers inscrits à Parcoursup en phase principale ont reçu au moins une proposition et 81,0 % ont accepté l’une d’entre elles.

À la rentrée 2019, 2 725 300 inscriptions étudiantes (hors inscriptions simultanées en Licence et CPGE) sont recensées dans l'enseignement supérieur (fiche 12). Accroissement du taux de bacheliers au sein d’une classe d’âge, attractivité de l’enseignement supérieur et facteurs démographiques contribuent à une croissance continue du nombre d’étudiants, qui accélère encore sur la période récente. Sur les seules cinq dernières années, le nombre de nouveaux étudiants s’est accru de 234 700, soit une augmentation de 9,6 % sur cette courte période. Cette évolution résulte d’une scolarisation accrue des dernières générations dans l’enseignement supérieur. Depuis le début des années 2000, c'est l'enseignement supérieur privé qui connaît la plus forte progression de ses effectifs étudiants. Cette tendance se confirme pour les années 2010. Les effectifs d’étudiants dans l’enseignement supérieur privé ont progressé de 28 % contre 14 % seulement dans le public.

Les bacheliers généraux se dirigent massivement vers l’université et notamment les formations générales et de santé. Viennent ensuite les formations professionnelles courtes (IUT, STS) et les classes préparatoires aux grandes écoles. Tous niveaux de formation confondus, on dénombre ainsi en 2019‑20, 1,6 million d’étudiants à l’université, dont 120 000 préparent un DUT. 262 000 sont inscrits en STS, 85 000 en CPGE. 740 000 autres se répartissent notamment dans le secteur paramédical et social, les écoles de commerce et de management ou encore dans écoles d’art.

Dans un contexte de très fort dynamisme des effectifs d’étudiants à l’université (+ 8,3 % en cinq ans sur 2014‑2019 à champ constant et hors doubles inscriptions en CPGE), l’attractivité des différentes disciplines est contrastée. Entre 2014 et 2019, deux groupes disciplinaires sont très prisés : Arts, lettres, langues et SHS (+ 9,9 %) et Sciences, STAPS (+ 13,6 %) après une période 2009‑2014 marquée par des profils de croissance différenciés pour ces disciplines (respectivement + 3,7 % et + 10,5 %). Les effectifs en Santé connaissent une croissance significative sur la période 2014‑2019 (+6,7 %) en recul cependant par rapport à la période précédente (+ 9,1 %). En revanche, le Droit ne progresse que de 1,8 % entre 2014 et 2019 après 5 ans de fort dynamisme (+ 6,7 % entre 2009 et 2014).

Rendue possible à partir de 1987, accélérée par la réforme LMD de 2002, la formation par l'apprentissage s'est fortement développée dans l’enseignement supérieur (fiche 20). Depuis 2005, le nombre d'apprentis a presque triplé et, sur la dernière année, le rythme de progression dépasse même 13 %. Tous les niveaux de formation enregistrent une hausse : le nombre d’apprentis augmente de 10,7 % pour les Master, 9,3 % pour les Licences, 9,1 % pour les BTS, 6,2 % pour les DUT et 4,9 % pour les diplômes d’ingénieur. Mais ce sont surtout les autres types de diplômes, notamment les Titres homologués délivrés par des écoles privées de l'enseignement supérieur qui portent cette vive croissance. On compte ainsi 203 800 apprentis en 2019, soit 7,5 % des effectifs de l'enseignement supérieur, et 42,3 % de l'ensemble des effectifs en apprentissage. 39 % des apprentis préparent un BTS et 13 % un diplôme d’ingénieur. A l’issue d’une décennie de forte progression de l’apprentissage en Licence et Master, ces deux formations comptent désormais pour respectivement 11,2 % et 10,5 % des apprentis en 2019.

Le Doctorat est le diplôme le plus haut délivré dans l’enseignement supérieur. Il constitue également une première expérience professionnelle pour de nombreux doctorants. Les docteurs forment, surtout, le vivier de l’activité de recherche française. Depuis 2000, la formation par la recherche s'effectue au sein d'écoles doctorales ensuite regroupées dans des collèges doctoraux. En 2019, 14 000 Doctorats ont été délivrés (fiche 39). Si le nombre de Doctorats délivrés a progressé de près de 10,0 % entre 2009 et 2012, il se stabilise sur les dernières années. Le nombre des inscriptions en première année de doctorat est tendanciellement en baisse, tout particulièrement dans les sciences de la société (droit, économie, gestion, sociologie, anthropologie), avec - 36 % entre 2009 et 2019 et dans les sciences humaines et humanités (lettres, langues, arts, histoire), avec - 23 % sur la même période. La baisse est un peu moins marquée en Sciences exactes et applications (- 12 %) et les premières inscriptions en doctorat en Biologie, Médecine, Santé progresse de 9 % sur la même période.

Une amélioration sensible de la réussite à l’université

La réussite dans l'enseignement supérieur est fortement influencée par les antécédents scolaires des étudiants. C'est notamment vrai pour la Licence générale, le DUT ou le BTS et a fortiori pour la Première année commune aux études de santé, en vigueur jusqu’à la réforme intervenue en 2020 (fiche 21). À l’exception de la Licence professionnelle où le bac d’origine a peu d’influence sur la réussite, les bacheliers généraux réussissent mieux que les bacheliers technologiques et professionnels.

Seuls 45,2 % des étudiants de Licence obtiennent leur diplôme en 3, 4 ou 5 ans (fiche 22). Mais sur la période récente, on constate une progression significative du taux de passage de L1 en L2 pour les néobacheliers. 45,5 % des néobacheliers 2018 passent de L1 en L2 ; c’est 4 points de plus que le taux constaté pour les néobacheliers de 2016. Cette évolution est attribuable à la mise en place de la loi ORE et de la plateforme Parcoursup, introduisant une modification importante des mécanismes d’orientation des étudiants. La réussite des bacheliers généraux en Licence est plus de deux fois plus élevée (56,5 %) que celle des bacheliers technologiques (19,8 %) ou que celle des bacheliers professionnels (7,7 %). L’assiduité des étudiants est déterminante dans leur réussite. Ainsi 50 % des étudiants témoignant d’une assiduité minimale en L1 passent en deuxième année.

Près des deux tiers des diplômés 2019 de Licence poursuivent en Master (y compris Master enseignement). Un peu plus d'un étudiant en Master sur deux obtient son diplôme en deux ans et un peu plus d'un sur dix en trois ans. Cette réussite est en progrès sensible depuis 2017 et la mise en œuvre de la réforme des Masters.

Seuls 13 % des néo-bacheliers inscrits en première année commune aux études de santé (PACES) en 2017 accèdent en un an à la deuxième année. Au final, en un ou deux ans, ils sont un plus plus d’un tiers à y parvenir. La réussite des bacheliers technologiques et professionnels en PACES est exceptionnelle : moins de 4 % accèdent à la deuxième année. Au contraire, plus d’un tiers des bacheliers scientifiques parviennent en un ou deux ans à rejoindre la deuxième année dans une des filières de santé à l’université (lorsque le redoublement était systématiquement possible).

La réussite est relativement élevée dans les filières courtes. Ainsi, plus des deux tiers des néo-bacheliers inscrits en STS en 2016 obtiennent leur diplôme en 2 ou 3 ans. En DUT également, la réussite est élevée : plus des trois quarts des néo-bacheliers inscrits en DUT en 2016 obtiennent leur diplôme en deux ou 3 ans. Cette réussite est contrastée suivant les baccalauréats d’origine. En BTS par exemple, plus de huit bacheliers généraux obtiennent leur diplôme en deux ou 3 ans pour seulement six bacheliers technologiques sur dix et un bachelier professionnel sur deux.

En 2018, on observe que 48 % des jeunes âgés de 25 à 34 ans sont diplômés de l'enseignement supérieur, pourcentage relativement stable sur les dernières années. La France se situe un peu au-dessus de la moyenne des pays de l’OCDE, qui a cru de plusieurs points en 5 ans pour atteindre désormais 45 %. Par ailleurs, sur la période 2016 à 2018, 16 % des jeunes sortants de formation initiale ont étudié dans l’enseignement supérieur sans obtenir aucun diplôme, quand 23 % sortent diplômés de niveau master, 10 % de niveau licence et 12 % ont validé des études supérieures courtes.

Les milieux sociaux favorisés accèdent toujours beaucoup plus aux diplômes les plus élevés

La démocratisation de l'accès à l'enseignement supérieur se poursuit : en 2019, 48,1 % des 25‑34 ans sont diplômés de l’enseignement supérieur, contre 37,9 % des 25‑64 ans.

Ce contraste concerne tous les milieux sociaux. Dans les catégories favorisées, parmi les enfants de cadres ou professions intermédiaires, 76,0 % des 20‑24 ans étudient ou ont étudié dans le supérieur contre 57,7 % des 45‑49 ans ; parmi les enfants d'ouvriers ou d'employés, la progression est un peu plus forte mais le niveau de départ est particulièrement bas : 47,8 % des 20‑24 ans ont fait des études supérieures contre 30,8 % des 45‑49 ans.

On observe ainsi encore un écart de presque un à deux entre les deux groupes sociaux en ce qui concerne l'accès à l'enseignement supérieur. Cet écart s'observe également lorsque l'on s'intéresse à la part de diplômés : en moyenne, sur la période 2017‑2019, près de 70 % des enfants de cadres ou de professions intermédiaires sont diplômés du supérieur contre moins de 40 % des enfants d'ouvriers ou d'employés.

Si les diplômés de l’enseignement technologique court, notamment en STS et en IUT, sont issus dans des proportions équivalentes des différentes catégories socio-professionnelles de la population française, l'université hors IUT et les grandes écoles reflètent une forte distorsion sociale : 37 % des enfants de cadres sortent diplômés d'une grande école ou de l'université à un niveau Bac + 5 ou plus contre un peu plus de 10 % des enfants d'ouvriers.

Les jeunes filles sont nettement plus diplômées que les garçons, mais leur insertion professionnelle est bien moins favorable

Plus de la moitié des étudiants sont des femmes (56 %). Largement majoritaires dans les filières universitaires de Lettres ou de Sciences humaines (69,7 %) et dans les formations paramédicales ou sociales (84,4 %), les femmes sont minoritaires dans les classes préparatoires aux grandes écoles (42,3 %) et en IUT (40,7 %). Plus généralement, elles sont très minoritaires dans l’ensemble des filières scientifiques. En particulier, en 2019‑20, elles ne représentent encore qu'un peu plus d'un quart (28,4 %) des effectifs dans les écoles d'ingénieurs.

Plus nombreuses dans la population étudiante, les femmes sont également davantage diplômées que les hommes. Dix points les séparent : parmi les femmes sorties de formation initiale entre 2016 et 2018, plus de la moitié a obtenu un diplôme de l’enseignement supérieur, pour seulement 40 % des hommes. Les femmes diplômées de l’enseignement supérieur détiennent plus souvent un diplôme de niveau Bac + 5 universitaire, alors que les hommes sont plus souvent diplômés d’écoles supérieures et de formations courtes (BTS ou DUT). La situation des femmes sur le marché du travail est en revanche moins favorable. Elles occupent moins souvent un emploi à durée indéterminée et plus souvent un emploi à temps partiel. Elles occupent moins fréquemment un emploi de cadre. Enfin, 30 mois après leur sortie de l'enseignement supérieur, les écarts médians de salaire dépassent 200 € nets par mois.

Depuis 20 ans, la place des femmes s'est renforcée au sein de la population des enseignants-chercheurs, mais le mouvement reste lent pour les postes de plus haut niveau. En 2019‑20, elles représentent désormais 45 % des maîtres de conférences mais seulement 27 % des professeurs d'université.

La place des établissements d’enseignement supérieur dans la formation continue reste extrêmement faible

En 2018, la formation continue dans les établissements d’enseignement supérieur a généré un chiffre d'affaires de 480 millions d'euros pour l’enseignement supérieur (fiche 28). Elle a accueilli 452 000 stagiaires et délivré plus de 100 000 diplômes dont 67 000 diplômes nationaux.

La science française dans le paysage mondial de la recherche et de l’innovation

La France se situe au 8e rang en part mondiale des publications scientifiques (fiche 30). Le nombre de ses publications progresse au cours des 10 dernières années mais, dans un contexte de croissance vive du nombre de publications dans les dernières années, sa part mondiale de publications scientifiques se contracte sous l’effet de l'arrivée de nouveaux pays sur la scène scientifique internationale comme la Chine, l'Inde ou le Brésil. Elle passe ainsi de 3,8 % à 2,6 % des publications mondiales entre 2009 et 2019 et son indice d’impact, légèrement supérieur à la moyenne mondiale en 2009, est, en 2019 inférieur à la moyenne mondiale. Au niveau européen, Royaume-Uni, Allemagne, historiquement, et l’Italie depuis peu, précèdent la France. L’Espagne connait une progression sensible du nombre et de l’impact de leurs publications scientifiques qui place ce pays à niveau comparable à celui de la France.

Plus de 60 % des publications françaises sont réalisées en coopération avec des scientifiques étrangers ce qui place le taux de co‑publication français parmi les plus élevé au monde (comparable au Royaume-Uni et supérieur à l’Allemagne). Plus d’un quart des publications françaises associe par exemple des scientifiques américains.

En 2019, la France présente un profil disciplinaire équilibré nuancé par une forte spécialisation en mathématiques et une spécialisation marquée en Biologie fondamentale, Recherche médicale et Sciences de l’univers (fiche 32). En revanche, l’indice de spécialisation de la France en Sciences pour l’ingénieur, Chimie, Biologie appliquée et en Sciences sociale est en retrait de 10 à 30 % par rapport à la moyenne mondiale. La France se distingue nettement du Royaume-Uni et des États-Unis, plus spécialisés en Sciences humaines et sociales (SHS), et des pays asiatiques, plus contrastés car très fortement spécialisés sur certaines disciplines et très faiblement spécialisés sur d’autres. L’analyse des profils scientifiques nationaux repose toutefois sur une base de référence qui représente inégalement les différents pays selon les disciplines, et doit donc être appréciée avec prudence. Dans le domaine de la recherche en intelligence artificielle (fiche 52), la recherche française se situe au 12e rang mondial. Entre 2010 et 2019, sa position dans ce domaine se fragilise. Le nombre de ses publications croit à un rythme moitié moins rapide que la croissance mondiale et la présence de ses travaux dans les 10 % de publications les plus citées est en recul sensible et inférieur à la moyenne mondiale.

Grande puissance scientifique européenne, la France est par ailleurs le troisième pays bénéficiaire des contributions allouées par l’Union européenne dans le cadre du programme Horizon 2020 (fiche 31). Elle se place derrière l’Allemagne et le Royaume-Uni et bénéficie de 11,2 % des contributions allouées. Associé à l’Allemagne dans sept projets sur dix, la France est très présente dans le domaine du nucléaire, des transports et de l’espace.

La France figure encore parmi les grandes nations en matière de brevets (fiche 33). Mais, en 2019, avec 5,7 % des demandes de brevets publiées à l’Office européen des brevets (OEB), elle glisse du 4e rang en 2018 au 5e rang mondial dans le système européen des brevets. Entre 2009 et 2019, la part de la France dans les demandes de brevets adressées à l’OEB passe de 6,4 à 5,7 % sur la période ; elle est désormais devancée par la Chine au très fort dynamisme. Les brevets français se concentrent notamment dans les technologies des transports, des autres machines spéciales, des éléments mécaniques, les techniques de mesure et les moteurs, pompes, turbines.

Le taux d’innovation des sociétés implantées en France au cours des années 2016 à 2018 est légèrement supérieur à celui de la moyenne de l’Union européenne (UE27) à champ sectoriel identique (52 % contre 50 %). Mais la France accuse un retard important avec l’Allemagne dont près de 70 % des entreprises sont innovantes (fiche 34). Avec 69 % de sociétés innovantes, le secteur de l’information et de la communication est le plus innovant. Pour soutenir l’innovation, l’État met en œuvre un ensemble de dispositifs d’accompagnement ciblés sur les jeunes entreprises innovantes (4 000 entreprises bénéficiaires de 203 M€ en 2018) (fiche 35), ou au spectre plus large comme le Crédit d’impôt Innovation (7 900 entreprises bénéficiaires de 254 M€ de crédit d’impôt en 2018) (fiche 48).

En France, près de 620 000 personnes se consacrent à la R&D en 2017

Au total, chercheurs et personnels de soutien confondus, ce sont près de 630 400 personnes qui se consacrent en 2018 à la R&D, au moins pour une part de leur activité (fiche 34). Ils représentent au total 453 000 personnes en équivalent temps plein (ETP) dont 305 200 chercheurs (en ETP). Les personnels de recherche ont fortement progressé dans les entreprises entre 2011 et 2018 (+ 16 %) ainsi que dans les établissements d’enseignement supérieur, à la faveur du recrutement d’enseignants chercheurs pour faire face aux afflux d’effectifs étudiants. En revanche, dans le secteur institutionnel dit de l’État, composé essentiellement des organismes, le personnel de recherche s’est replié de près de 3 %. En 2018, 62 % des chercheurs sont en entreprises. En entreprise, 4 branches emploient à elles seules plus de la moitié des chercheurs (fiche 36) : « activités spécialisées, scientifiques et techniques », « activités informatiques et services d’information », « industrie automobile » et « construction aéronautique et spatiale ». Entre 2013 et 2018, La croissance des effectifs de recherche est essentiellement portée par les branches de services dont les effectifs progressent 5 fois plus vite que ceux des branches industrielles. Si l’on rapporte le nombre de chercheurs à la population active, la France, avec 10 chercheurs pour mille actifs en 2018, se place derrière la Corée du Sud ou le Danemark, mais devant l’Allemagne, le Japon, les États-Unis, et le Royaume-Uni.

La part des femmes parmi le personnel de recherche s'élève à 32 % en 2018 (fiche 37). Elle est plus faible dans les entreprises (23 %) que dans le secteur public (47 %). Elle est également plus faible parmi les chercheurs (28 %) que parmi les personnels de soutien (41 %). Pour plus d'un chercheur sur deux en entreprise en 2017, le diplôme d'ingénieur est le diplôme le plus élevé. En revanche, seuls 12 % des chercheurs en entreprise disposent d'un doctorat. En outre, pour près d’un tiers des docteurs en entreprise, le doctorat vient compléter un diplôme d'ingénieur.

La dépense intérieure de recherche et développement en France s'est élevée en 2018 à 51,8 Md€ et représente 2,20 % du produit intérieur brut (PIB) (fiche 41). La France se situe à la 5e et avant-dernière place parmi les six pays de l’OCDE les plus importants en termes de volume de la dépense intérieure de R&D (DIRD), derrière la Corée du Sud (4,53 %), le Japon (3,28 %), l'Allemagne (3,13 %) et les États-Unis (2,83 %), et seulement devant le Royaume-Uni (1,73 %). En 2019, la DIRD atteindrait 53,2 Md€ (2,19 % du PIB).

L'effort de recherche est surtout le fait des entreprises qui, en 2018 a , exécutent près des deux-tiers (65,5 %) des travaux de R&D réalisés sur le territoire national pour un montant de 34,0 Md€. Les dépenses de recherche des entreprises ont progressé beaucoup plus vivement que celles du secteur public au cours des dix dernières années, à la faveur notamment de la réforme du crédit d'impôt recherche (CIR). Les entreprises financent près de 62 % des travaux de R&D. La dépense intérieure de recherche du secteur public s'élève à 17,9 Md€ en 2018 reposant majoritairement sur les organismes de recherche (53 %) mais aussi fortement sur les établissements d'enseignement supérieur (41 %), le partage restant une approche quelque peu théorique dans la mesure où l’essentiel de la recherche publique est conduite dans des unités mixtes de recherche associant les deux catégories d’organisations. Les PME représentent 18 % des dépenses intérieures de R&D des entreprises, dont près de 60 % en faveur des activités de services (fiche 44). Les grandes entreprises, à l'origine de 58 % de la dépense intérieure de R&D des entreprises, réalisent près des trois-quarts de leur effort en haute et moyenne-haute technologie. Les dépenses intérieures de R&D des entreprises se concentrent ainsi à 54 % sur six branches de recherche : l’industrie automobile (13 % de la DIRDE), la construction aéronautique et spatiale (10 %), l’industrie pharmaceutique (8 %), l’industrie chimique (6 %), ainsi que les activités spécialisées, scientifiques et techniques (9 %) et les activités informatiques et services d’information (8 %). Par ailleurs les entreprises ont consacré une part non négligeable de leur DIRD à des domaines transversaux comme les nouveaux matériaux, les nanotechnologies(fiche 50), l'environnement (fiche 51), ou le numérique (fiche 52).

Les entreprises sont soutenues dans cet effort par l'État via des aides directes, des coopérations avec les organismes publics dans les domaines civils ou militaires et des dispositifs fiscaux comme le crédit d'impôt recherche (CIR) ou le statut de jeune entreprise innovante (JEI) (fiche 48 et fiche 35). En 2018, 7 % des travaux de R&D des entreprises sont financés par des ressources publiques et la créance du CIR (au titre de la R&D, de l’innovation et des collections) atteint à 6,5 Md€ en 2018. La France de ce point de vue ne se distingue pas des autres pays de l'OCDE où les dispositifs fiscaux de soutien à la recherche privée se développent, traduisant une concurrence accrue entre pays pour attirer les activités de R&D des entreprises. Les collectivités territoriales participent aussi à l'effort de recherche notamment en finançant des opérations immobilières ou des transferts de technologie : en 2019 leur budget de recherche, et de transfert de technologie (R&T) est estimé à 910 M€ (fiche 49).
 
 
 
01
les étudiants inscrits dans l'enseignement supérieur en 2019-20
Source MESRI-DGESIP/DGRI-SIES

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02
France entière
les effectifs de chercheurs en 2018
Source MESRI-DGESIP/DGRI-SIES

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Ministère de l'Enseignement supérieur, de la recherche et de l'Innovation